Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

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BADE

ET SES ENVIRONS

BADE.

epuis le pont de Kchl, jeté comme un trait d'union entre la France et l'Allemagne;
jusqu'à Bade, le pays semble appartenir au royaume des contes de fées. Ce n'est plus
une campagne, c'est un immense parc.
La grande ligne qui va de la Suisse, par Bàle et Fribourg, à Francfort, le traverse et ne
'arrête plus qu'aux approches de cette charmante petite ville dont la mode et les beaux
sites qui l'entourent ont fait la capitale du monde en été.
Tout d'abord, et aussitôt qu'on a quitté le bâtiment de la douane, ce sont des plaines, mais
des plaines disposées comme un jardin. Des bosquets l'ombragent, des ruisseaux y murmurent entre
deux rives de gazon.

Chaque élan de la locomotive vous rapproche des montagnes qui ferment l'horizon. On en voit les
cimes et les contours; leurs croupes s'arrondissent, et les sapins élancés comMe des flèches se des-
sinent dans le bleu du ciel. Les stations ont la forme élégante de chalets. Des plantes grimpantes leur
font un rideau, des balcons découpés à jour les décorent ; le dahlia, le tournesol, la rose et l'œillet les
égayent de leurs vives couleurs : l'art champêtre s'associe à l'industrie. Déjà passent dans les sentiers
ces femmes du pays de Bade dont la coiffe tissée d'or se couronne d'un papillon noir. Les hommes ont la
longue redingote bleue ou grise doublée de blanc, le gilet d'écarlate et la casquette fourrée d'où pend
une queue de renard. Une eau limpide court sur les cailloux, et de belles vaches paissent dans de
vastes prairies où les saules se mêlent aux peupliers. C'est un coin de la Touraine avec la forêt Noire
à l'horizon.

Du pont de Kehl à Bade on compte huit stations. On vient de quitter l'île des Épis, où le monument
élevé à la mémoire du général Desaix par l'armée du Rhin, en 1801, marque la frontière de France,
et déjà l'on touche à Kehl, si souvent incendié et détruit par les armées de Louis XIV, de la répu-
blique et de l'empire. Bientôt la locomotive vous emporte, et du confluent de la Kinsig et de la
Shutter vous arrivez à Appenweier, où l'embranchement de Kehl rejoint la grande ligne du chemin
de fer badois qui longe les bords du Rhin et va de Bàle à Heidelberg par Carlsruhe et Mannheim.
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