Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

Seite: 7
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BADE.

d'oubliettes et de francs-juges. Lu collection d'instruments de torture que le gardien du château vous
fera voir n'est pas une raison suffisante de croire à ces récits effrayants: clous, chaînes et marteaux
rouilles ne prouvent rien. Quel château de France ou d'Allemagne n'a pas ses citernes dont on a fait
des oubliettes? Lequel n'a pas de caves dont on a fait des souterrains? Cependant ceux du château de
Bade se recommandent par leur importance, leur étendue et leur aspect terrible. Près de là existent
quelques vestiges des bains romains que fit bâtir Garacalla.

L'intérieur du château est orné avec beaucoup de goût. Voici dans deux galeries la collection des
portraits de tous les margraves de Bade depuis l'époque reculée où Herman de Zaeringhen, vers le
commencement du xnc siècle, prit possession du pays, jusqu'à nos jours. La première de ces galeries
renferme les portraits des princes de la branche aînée, dite ligne de Bade-Bade ; la seconde, celle des
princes de la branche cadette, dite ligne de Bade-Durbach ou branche Ernestienne, du nom de son
fondateur, qui règne par extinction de la branche aînée, depuis 1771.

Auprès du château, l'église, ces deux expressions du moyen âge qui représentaient l'épée et la
croix, l'autorité et la religion. Elle date du viue siècle, et fut fondée par les moines de Wissembourg,
à qui la seigneurie de Bade appartenait alors. Plusieurs margraves y dorment dans leurs mausolées
de pierre chargés d'écussons.

Si de la ville vieille vous passez dans la ville nouvelle, les petites maisons vert-pomme ou ventre-de-
biche feront place aux grands hôtels. La verte promenade du Graben vous mène à Leopoldsplatz, et
de Leopoldsplatz vous arrivez par un pont gracieux sur la terrasse du palais de la Conversation.

Chaque année l'Europe y passe l'été. Que de princes et de femmes charmantes en ont effleuré le
fin gravier! De nouveaux appartements, dignes d'une demeure royale, achèvent de rendre sans rival
ce palais déjà si beau.

A quelques pas du palais de la Conversation., un grand et bel édifice arrête le regard : c'est la
Trinkhalle, où les malades vont demander à la fontaine de Bade le secours efficace de ses eaux
chaudes. Un vaste péristyle, oii l'on arrive par des degrés de pierre, en occupe toute la façade.
Il protège des peintures à fresque divisées par compartiments où sont représentés les faits héroïques
que la légende et l'histoire ont consacrés clans le pays de Bade. Ces peintures, au nombre de quatorze,
sont dues au pinceau de Gutzenberger, directeur de la Pinacothèque de Munich. On y voit tour à tour:
1° l'image de Keller, 2° le Mummerlsee, 3° le Wildsee, 4° la Chaire du Diable, 5° le Saut du Comte.
G° le vieux château d'Eberstein, 7° le couvent de Fremersberg, 8° le Keu-Windeck, 9° le Baldreit,
10° les Rochers, 11° le château de Windeck, 12° Allerheidigen, 13» Holienbaclen, 14° Lichtenthal. Une
large porte conduit dans une salle immense dont le dôme est porté par une colonne de marbre.
La fontaine coule au centre de cette salle, dont l'aspect est grandiose. Une gracieuse jeune fille,
dans le charmant costume local, offre les verres d'eau aux baigneurs qui s'y promènent chaque
matin.

Une colline ombragée, et coupée de sentiers pittoresques, domine la Trinkhalle.

Là-bas, mais de l'autre côté, et tout le long de cette longue avenue prise entre la colline et la
rivière, et que le bois de Boulogne, Hyde-Park et le Prado envient à Bade, vous trouverez cent
maisons de campagne pareilles à des villas.

Mais clans la ville, le hasard, ce guide des voyageurs, vous fera découvrir des rues qui semblent
faites exprès pour le plaisir des yeux : rues pittoresques, tortueuses, semées ça et là d'escaliers
serrés entre deux rangées de maisons inégales où des fleurs sont suspendues à de légers balcons,
et que mille accidents de lumière et d'ombre égayent à chaque détour.

Les bords de l'Oosbach, qui sépare la ville du palais de la Conversation, sont tapissés de vigne vierge et
de plantes grimpantes qui rougissent en automne et lui font une parure verdoyante en été. Des jardins
et des hôtels en suivent le cours jusqu'à la station du chemin de fer; de l'autre côté, en amont, un
grand parc où des massifs de fleurs, des quinconces, des pelouses, des corbeilles d'arbustes rares, se
mêlent avec une grâce coquette, accompagne l'Oosbach jusqu'au jardin de I'Ours.
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