Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

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BADE.

possessions de la maison de Bade; mais deux nouvelles branches, celle de Bade-Bade, dont le chef fut
Bernard, fils aîné de Christophe, et celle de Bade-Durlach, qui eut pour chef Ernest, son second fils,
se forment après lui.

On sait que la ligne de Baden-Baden s'éteignit en 1770, et tous les États de Bade passèrent aux mains
du chef de la branche de Durlach ou Ernestiennc, Charles-Frédéric, qui, après la paix de Lunéville,
en 1803, prit le titre de grand électeur. En 1806, il adhéra à la confédération du Bhin, et reçut de
l'empereur Napoléon le titre de grand-duc de Bade, avec une augmentation de territoire en dédom-
magement de ceux que les guerres de la république lui avaient fait perdre sur la rive gauche
du Bhin.

Le petit-fils de Charles-Frédéric, Charles-Louis-Frédéric, appelé au trône en 1811, avait épousé
en 1806 la princesse Stéphanie, fdle adoptive de l'empereur Napoléon et fille de Claude de Beau-
harnais.

Un grand nombre de princes fameux ont marqué dans la longue succession des margraves de Bade.
On s'arrête longtemps devant leurs portraits qui ornent la galerie du château neuf; mais le plus
célèbre de tous est Louis-Guillaume, margrave de Baden-Baden, surnommé le Prince de Bade, qui
fut illustre dans la science des armes à une époque où vivaient Catinat, Villars, Sobieski, Montecuculli.
Dès ses premières armes, il put voir Turenne, et, comme inspiré par ce grand génie contre lequel il
avait combattu, il aida le roi de Pologne à délivrer Vienne, en 1683 et gagna contre les Turcs,
en 1691, la bataille décisive de Salankemen.

Un autre prince de cette maison, Charles-Guillaume, margrave de Bade-Durlach, après avoir
vaillamment servi sous son parent, l'héroïque prince de Bade, se retira dans ses possessions après la
paix de Bastadt, et fonda la ville de Carlsruhe (le repos de Charles).

Mais où ne retrouve-t-on pas les princes de Bade? Sur quels champs de bataille n ont-ils pas
promené leur courage? L'un, Hermann le Grand, se distingue au siège de Weinsberg, et accom-
pagne l'empereur Conrad en Palestine, lors de la seconde croisade; un autre, Hermann IV, suit
l'empereur Frédéric Barberousse en terre sainte, et meurt de la peste après avoir commandé les
armées impériales à la bataille d'Iconium. Plus tard, Bernard Ier assure l'ordre de succession dans sa
famille, se montre habile dans la paix, vaillant à la guerre, et donne au margraviat de Bade plus
d'étendue et plus de prospérité. Plus tard encore, Christophe V, qui jette les fondements du nouveau
château, vers la fin du xvc siècle, combat en Flandre pour l'empereur Frédéric IV, reçoit le gouver-
nement du duché de Luxembourg, et meurt plein d'années et de gloire, laissant la réputation d'un
prince aussi brave que loyal.

L'histoire a fait sa part de poésie à cette race mêlée à tous les événements qui ont agité l'Europe
pendant dix siècles.

Qui ne connaît la mort héroïque et touchante du prince Frédéric de Bade, décapité en 1268 avec le
jeune Conradin, après la bataille de Tagliacozzo? Bien ne manque à cette mort pour en faire une des
plus dramatiques et des plus émouvantes de l'histoire : ni l'âge de la victime, ni sa constante amitié,
ni son courage, ni sa résignation. Il voulut suivre son frère d'élection en Italie; il combattit avec lui,
et mourut sur le même billot !

Une autre fois le romanesque se mêle à l'histoire. Comme un paladin des temps chevaleresques,
Philibert de Bade guerroie vaillamment contre les Turcs, puis offre son épée au roi de France, et dispa-
raît à la bataille de la Bochelle sans que jamais on ait su s'il avait été tué ou pris.

On dirait une page de l'histoire de Charles le Téméraire.

Le château dans lequel on admire les portraits de ces capitaines fameux et de ces législateurs a été
fondé, on le sait, par le margrave Christophe, lorsqu'il descendit, vers la fin du xvc siècle, du vieux
château, antique demeure de sa race. Mais de ce château qui date de 1479, il ne reste que quelques
pans de murs assis sur de vieilles fondations romaines. Les Français l'avaient détruit de fond en comble
lors des terribles guerres du Palatinat,
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