Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

Seite: 28
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BADE

ET SES ENVIRONS

L'AVENUE

ET LE

COUVENT DE LICHTENTHÀL.

E ne sais pas s'il existe de plus belle promenade au monde. La baguette d'une fée l'a
fait surgir toute grande un matin de printemps. Une rivière la côtoie, des montagnes
vertes l'encadrent, des prairies la bordent, et des villas assises çà et là l'égayent de leurs
rdins en fleurs.

Au bord môme de l'Oosbach, à cet endroit où l'hôtel d'Angleterre élève ses balcons, tout
à côté du Palais de la Conversation, commence l'avenue de Lichtenthal. C'est d'abord une
avenue de chênes gigantesques au feuillage épais. Trois ou quatre de ces arbres feraient la
fortune d'un parc; Lichtenthal en compte par douzaines. Combien de générations n'ont-ils pas abritées
sous leurs rameaux séculaires! Peut-être ont-ils vu les soldats de Turenne.

Ils ombragent une allée où passent les voitures, et deux contre-allées où des bancs disposés çà et là
invitent le piéton à s'asseoir. Des deux côtés, jusqu'à Allée-Hause, petite maison verte posée à l'endroit
où l'avenue fait un coude, un jardin anglais disperse ses massifs d'arbustes rares, ses corbeilles de
fleurs, ses quinconces, ses bouquets de sapins et de catalpas, ses berceaux de verdure entre lesquels
circulent vingt sentiers ombreux. La rose trémière s'y mêle au rhododendron, le hêtre à feuilles-
pourpres à l'acacia. Des cabanes de bois rustiques s'y cachent sous le feuillage des marronniers et des
bouleaux. L'Oosbach coule à gauche entre des rives endiguées, la colline s'élève à droite.

Ce groupe de maisons à demi cachées sous l'ombrage mouvant des arbres, qu'on aperçoit sur la
gauche à une portée de fusil, c'est un établissement coquet de bains : les bains Stéphanie. Des corbeilles
de fleurs les entourent et la rivière passe à côté. Le flot qui sert aux baigneuses roulait tout à l'heure
encore dans la montagne. Tout auprès des bains Stéphanie une rangée de maisons rustiques, où se
suspendent des balcons fleuris, des galeries à jour, de longues terrasses, se dérobe sous le feuillage de
cent jardins.
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