Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

Seite: 62
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BADE

ET SES ENVIRONS

LA

VIEILLE ROUTE DE GERNSRACH,

LA

CHAIRE DU DIABLE ET LA GORGE DU LOUP.

es voitures ne la suivent plus, ou du moins presque plus, cette vieille route qu'on a
abandonnée pour la route nouvelle d'Eberstein. Elle est rude et difficile peut-être, mais
elle est plus courte et n'est pas moins pittoresque que son orgueilleuse rivale.
On a quitté le Graben et longé le vieux cimetière où tant de peuples ont des souvenirs
pieux ; le mont Mercure est devant vous et semble vous inviter à le gravir, mais vous vous
écartez du sentier qui fuit sur la droite, et vous poussez tout droit. Vous ne vous arrêterez plus
qu'à Gcrnsbacli à présent.
Mais d'abord remarquez, en passant, cette avenue de saules au feuillage argenté: elle s'allonge
dans un frais vallon, entre la forêt qui monte vers le Batter et des prairies qu'arrose un ruisseau
babillard. C'est l'allée des Soupirs; en allemand, Seufzerallée.

Plus loin, la verdure des sapins succède à la verdure des prés. Les maisons deviennent rares, et
quelques pas encore vous font apercevoir, au pied du mont Mercure, dans l'herbe du vallon, un
gigantesque rocher tout chargé d'arbustes et de plantes, d'où s'élance le noir feuillage des sapins.
C'est la Chaire du Diable (Teufelskanzel).

La tradition raconte qu'un jour, — il y a bien des siècles de cela, — le diable en personne descendit
sur ce rocher. L'ange déchu était paie et beau; l'éclair de la malice brillait dans ses yeux et l'on voyait
sur ses lèvres un sourire railleur... Il ouvrit la bouche, et tous les habitants de la contrée accoururent
pour l'entendre. Chaque parole qui tombait de ses lèvres était un mensonge; mais tant de miel et de
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