Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

Seite: 64
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ET LA CHAIRE DU DIABLE.

Une brèche ouverte dans la muraille conduit, par de longs circuits escarpés, au sommet de ces
remparts éternels d'où pendent les rameaux noirs des sapins.

La Gorge du Loup n'a été explorée que depuis peu d'années. Elle est à mi-chemin de Bade à
Gernsbach. Maintenant que vous l'avez parcourue, suivez la route qui descend vers la Murg, et vous
ne tarderez pas à découvrir, au penchant de la colline, les toits pressés et les deux églises de Gerns-
bach cachés à demi derrière les vergers.

Les dernières croupes des montagnes s'abaissent insensiblement vers la rivière qu'on voit à peine
par intervalles, et qui fuit entre les saules et les peupliers. Le bruit lointain des roues et des chutes
d'eau monte avec le vent. Tout là bas, ces cimes bleuâtres qui s'effacent dans les vapeurs de l'horizon,
ce sont les hauteurs d'où s'élance la Murg, tributaire du Rhin.

Maintenant on n'a plus qu'à descendre en suivant les sinuosités du chemin. La vallée s'élargit à
chaque pas. On ne la voit pas en bloc et tout à coup, comme du sommet d'Eberstein-le-Nouveau,
mais en détail et lentement, comme une coquette qui, un à un, fait tomber ses voiles. C'est un coude de
la rivière, un coin de prairie, un pan de foret, un rideau d'arbres, une scierie, un pont rustique, un
bout de route toute blanche sous les sapins verts... Puis on fait quelques pas encore, on touche à
Gernsbach, et la vallée tout entière est devant vous.

Rochers dans la Gorge du Loup.
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