Coignet, Jules   [Hrsg.]; Achard, Amédée   [Hrsg.]
Bade et ses environs — Paris, 1858

Seite: 93
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BADE

ET SES ENVIRONS.

FRIBOURG EN BR1SGAU

É^HM uinze lieues de jardins séparent l'avenue de Lichtenthal de Fribourg ; la promenade est
^fi^^mîi facile et se fait en chemin de fer. On revoit en passant Bulhe, célèbre par ses vignobles
j^^^m'' qui produisent le vin d'Affenthaler. On dépasse Appenweicr, et l'on atteint bientôt
mmvÊÊ' Offenbiirxïh., qui était jadis ville impériale et capitale de l'Ortenau. Le regard se perd dans
^^(^« une suite non interrompue de prairies coupées de clairs ruisseaux et de plaines où le
||fw..' maïs et le froment ondulent au souffle de la brise ; de frais bouquets d'arbres ombragent de jolis
villages perdus dans une campagne qui a les magnificences d'un parc. On touche en passant le
bourg de Larh, voisin du château de Hohengeroldseck détruit en 1697 par le maréchal de Créqui ;
Ettenhehn, où, le 15 mars 1804, Napoléon fit enlever le duc d'Enghien sur un territoire ami; Riegel,
que domine le Kaiserstuhl, où l'empereur Rodolphe de Hapsbourg aimait à prendre le plaisir de la
chasse. Le chemin de fer décrit une courbe et s'incline vers la foret Noire dont les montagnes s'étagent
à l'horizon. Il s'est éloigné de Vieux-Brissac, que la stratégie militaire considérait autrefois comme la
clef de l'Allemagne et que tant de luttes ont ensanglanté. Bientôt la locomotive touche Emmendingen,
que couronnent au loin les ruines de la Hachburg qu'un ordre de Louis XIV fit détruire en 1689;
et après avoir effleuré les restes du château de Zsehringen, bâti au xve siècle par le duc Berthold sur
un escarpement du Rosskoph, on touche à Fribourg.

De grands arceaux vous entourent, de forts piliers de grès rouge en supportent la voûte ogivale. On
pourrait se croire dans un cloître, on est à la gare du chemin de fer.

Fribourg en Brisgau est situé sur la Treisam. La guerre l'a bien souvent ravagé; souvent l'incendie
en a dévoré les maisons, mais bien souvent aussi les empereurs et les princes en ont visité les vieilles
murailles. Fribourg a vu les Suédois, les Bavarois, les Français et les Autrichiens. Les fortifica-
tions que Vauban avait élevées ont été renversées. Que de sièges et que de luttes depuis le jour où
Berthold, duc de Zœhringcn, posa la première pierre de l'antique cité, en 1188, jusqu'au moment où
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