Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 7
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0017
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s 7 )

«nos hameaux : ils sont dépeuplés. Ce com-
merce si ssorisfant , ces manufactures si super-
bes, ce numéraire qui circuloit avec tant
d'abondance , ces troupeaux qui couvraient
nos pâturages & fécondoient nos moissons ,
cette prospérité dont aucune nation n’of-
froit l’exemple , & qui sembloit devoir être
éternelle, tant de biens ont passé comme un
songe. Nous n’avons plus de propriétés : le
brigandage les a envahies ; plus de tran-
quillité ; la terreur & l’efsroi régnent par-tout:
plus de liberté ; un joug de fer nous écrase;
plus de sûreté : l’espionage , la délation , la
mort nous environnent ; plus de justice en-
sin : des juges d’iniquité , prononçant sur
l'intention qui ne peut être connue des hom-
mes, se rendent les maîtres absolus de nos
biens, de notre honneur, de notre vie. Un
vil papier créé par l’ignorance , multiplié par
la fraude , accumulé par le besoin , rebuté
par l’étranger, décrié parmi nous , hypothé-
qué sur la rapine, excédant toutes nos va-
leurs territoriales , forme notre unique ri-
che sse ; l’impitoyable réqnijition dévore nos
troupeaux, nos subsistances , notre tems Sc
nous-mêmes; au lieu d’un déficit annuel de
£5 millions, qu’il étoit si facile de combler,

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