Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 8
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0018
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chaque mois découvre un déficit tel qu'un
goussre sans fonds; au lieu de 580 millions
de contributions publiques , qu’il étoit si
sacile de modérer, nous payons des impôts
qui sont trois & quatre sois plus considéra-
bles, sans être suffisants ; & des taxes arbi-
traires nous arrachent encore ce que la ré-
quisition & les tributs réguliers nous avoient
Laissé. La défiance nous a rendu sombres &
craintifs; la barbarie a dégradé notre carac-
tère ; l’irréligion a corrompu nos mœurs ;
3’impiété a renversé nos temples ; l’athéisme
audacieux a vomi ses anathèmes contre tous
les cultes, & le vice triomphant a prol'crit
toutes les vertus. Infortunés Français! notre
patrie esi: inondée de sang, couverte de cri-
mes, en proie à la misère, opprimée par la
tyrannie, en guerre avec l’Europe, déchi-
rée par ses propres enfans , détestée du gen-
re humain : nous avons tout perdu, jusqu’à
notre Dieu.

Détournons ce tableau dont je ne puis
soutenir la vue, & examinons d’un œil im-
partial si la révolution nous a donné du
moins quelques dédommagements , pour tant
de biens dont elle nous a privés, pour tant
■de maux dont elle nous accable.

fin de la première adrcjTe*
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