Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 16
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0026
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C T 6 )

France. Vous voyez ces fans-culottes qui les
tiennent dans leur dépendance pour prix de
îa viétoire qu’ils leur ont procurée : ils font
les jannisssaires du tyran de l’empire. Mais
je peuple, incliné avec respecl devant des
loix versatiles qu’un jour voit porter , & que
le jour suivant voit abolir ; serVile adorateur
des caprices du despote régnant, & de ses
minières plus despotcs encore que lui-même ;
enivrant l’idole qui vient d’être élevée, dû
même encens qu’il brûîoit aux pieds de
l'idose qui vient d’être abattue; sans cessè
tremblant sous des maîtres ombrageux &
farouches qui s’entr’égorgent parce qu’ils se
craignent; & se vantent succellivement d'a-
voir fauve la patrie, tandis qu’ils n’ont sauve
que leurs têtes; ce malheureux peuple esF
plus souple , plus sournis , que tous les sujets
des sultans d’Asie. On l’appelle souverain ,
& il n’esl qu’un misérable esclave qui change
de tyrants , aussi souvent que de maîtres.

Ceux que vous servez aujourd’hui , ont
pris les livrées du modérantifme : mais bis-
siez - vous déçus par cet insidieux déguise-
ment, jusqu’à chérir votre misère & vos
fers ? vous n’en seriez pas moins dans les

fers i
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