Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 19
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0029
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/adresses1795/0029
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
( t9 )

adoucir nos peines , en nous ramenant a îa
religion, & de sséchir par des prières publi-
ques le Dieu de la miséricorde & des ven-
geances? Non: la requisition , le plus impla-
cable des tyrans j nous arrache , pour le ser-
Vice des armées, & notre tems, & nos tra-
vaux, & les vêtemens qui nous couvrent ,
& le pain qui nous nourrit, une loi, telle
qu’aucun despote n’en conçut jamais , nous
réduit à la cruelle alternative, ou d’être traî-
nés au supplice, ou d’aller périr, les armes
à la main, sur la folle de nos enfants; la
bâche meurtrière menace à la fois, & les
pasteurs qui se dévouent pour nous apporter
les fconsolations du ciel , & les fîdeies qui
s’assemblent pour les recevoir. Ah ! ce rao*
dérantisme, toujours entouré de comités &
de tribunaux révolutionnaires, toujours ar-
mé du glaive des requisitions & des persé-
cutions de l’athéisme ; ce modérantisme qui
opprime jusqu’à nos consciences , & qui nous
ôte la religion, pour nous priver de Tuni-
que ressource des malheureux , ce modéran-
tisme n’efl: qu’une insultante hypocrisie, plus
cruelle que les fureurs des Nérons. Les
Néron s de l’ancienne Rome , s’ils persécu-
tpient le christianisme naissant, au moins
loading ...