Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 38
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0048
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( Ï8 )

ïe tems défaire l’épreuve du gouvernemen%
républicain; îi n’existera pas encore , que
déjà nous n’existerons plus. ( i } Dans la
sécondé hypothèse, les propriétaires qui au-
ront la liberté de manger leur pain , ne s’en
priveront pas pour l’envoyer aux armées ;
& les cultivateurs à qui l’on aura permis de
labourer leurs héritages, ne les quitteront
pas pour aller mourir aux frontières. Par
quels moyens poursuivrons - nous alors le
cours de nos exploits?

Quels exploits, juste ciel! & que de lar-
mes ils nous arracheroient , si nous n’étions
pas des enfants à qui l’on fait avaler un
breuvage amer, en frottant de miel la coupe

( i ) Comptez, s’il est possible, les François de
tout âge & de tout sexe que le reverbère & la
guillotine , les massacres & les combats, les mala-
dies & la misère , l’émigration enfin nous ont enle-
vés depuis six ans. Comptez ceux que la guerre, la
débauche & le célibat ont empêchés de naître , de-
puis que la révolution nous a corrompus, armés &
ruinés ; vous serez effrayés d’apprendre que la France
a déjà perdu un tiers de ses habitans ; & que cette
perte s’accroît de jour en jour dans une propor-
tion terrible*

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