Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 41
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0051
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I 41 )

dre; un gouvernement ennemi par sa nature
des gens de bien , parce que les gens de bien ,
s’ils y avoient de l’inssuence, ne s’en servi-
rqient que pour le changer; un gouverne-
ment qui se fait un systême de persécuter
tous les grands hommes , & où l’on ne peut
être habile comme Themistocle, vaillant
comme Miltiade, religieux comme Anaxa-
gore , juste comme Aristide , vertueux comme
Phocion, sage comme Socrate, sans se dé-
vouer à l’ostracisme , ou à la ciguë, sans
s’exposer du moins à d’ignominieuses amen-
des. Or , qu’arrive-t-il sous un régime aussi
contraire à toutes les vues de l’état social?
Si on lai (Te au peuple l’exercice des droits
que Ja constitution lui donne, on ne respi-
rera plus qu’au sein de l’anarchie; si on veut
lui interdire l’usage d’une autorité funeste
pour lui - même, il faut le faire trembler :
mais tandis que la jussice contient aisément
dans le devoir le peuple sujet, on ne peut
faire trembler le peuple souverain que par
les cruautés les plus excessives.

J’en appelle à votre expérience. Vous avez
vu ce qui se passoit sous Roberspierre : le
peuple étoit subjugué par la terreur ; mais
ja tyrannie s’exei-çoit au nom des loix , par
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