Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 60
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0070
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( 6o )

féodalité, les tribunaux de justice & la força
militaire, afin de soulever l’emphytéote con-
tre son seigneur, le peuple contre ses magis
trats, l’armée contre ses chefs, la France
contre son roi : & comme s’ils n’avoient put
ravager leur patrie, sans bouleverser l’Eu-
rope, ils épuisèrent le trésor public pour
acheter des traîtres chez toutes les nations ,
& soudoyer de tomes parts les nombreux
ministres de leur pcrversité.

Parvenus à s’investir des fureurs de la
révolte, à mettre les gens de bien sous le
couteau des scélérats, à fomenter par l’im-
punité la hardiesfe des brigands , à séduire-
par de brillantes illusions la vanité irrésséchie
des habitants des villes , à tromper par de
grossiers artifices la sacile crédulité des habi-
tants des campagnes, on les vit bientôt anéan-
tir ces corps de magistrature qui étoienten
vénération aux yeux de l’Europe, & qui „
si souvent, ont sacrifié pour nos intérêts leur
repos & leur sortune. On les vit proscrire
cette noblesse qui sortit jadis des sorêts de la
Germanie pour sonder dans les Gaules le
glorieux empire des Francs ; cette noblesfe
que notre constitution avoit placée au-dessus
du peuple, pour le protéger, & aux pieds
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