Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 67
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0077
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I 6* )

Je ne déshonorerai pas leur héroïque coü*
Vage, par une pitié qui ies oftenseroit. Non ,
iis ne sont point malheureux , puisqu’ils sous-
frent pour la caüse de la jultice. Le senti-
ment de Thonneur les élève au - desius de
tous les revers; le témoignage d’une eons.
tience pure les console dans toutes leurs dis-
graces ; l'estime des gens de bien , celle même
de leurs ennemis , les dédommage de tou-
tes leurs pertes; l’espoir qui sourit toujours
dans le cœur de l’homme juRe , adoucit l’a-
tnertume de tous leurs tourments; la reli-
gion enfin , la religion leur montre & leur
modèle & leur récompense, & ils bénisîent
toutes leurs peines.

Ceux qui sont à plaindre, ce sont ces lâ-
ches déserteurs de leur ordre qui ont ou-
vert, contre leurs frères, la carrière de la
persécution , & que la Providence y a jettes
à leur tour, mais qui s’y traînent avilis, mé-
prisés de l’univers & méprisables à leurs pn>
près yetTK , en proie au remord & à la honte,
détestant le paîsé & tremblants sur l’avenir,
ne trouvant enfin de consolation que dans
îes sommes immenses qu’ils nous ont volées
avant leur fuite.

Ceux qui sont à plaindre , c’est nous-mê»

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