Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 68
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0078
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nés, nous qui avons été injustes & barba*
res envers ces deux ciasies de nos conci-
toyenSjdont l’une nous éclairoit des lumiè-
res les plus pures de la religion , dont l’au-
tre alîmentoit le commerce & les atteliers ,
& qui toutes deux donnoient du pain aux
pauvres. Lors du violent hiver de 1789,
nous vîmes dans la capitale un prélat ver-
tueux épuiser ses revenus & emprunter cinq
cent mille francs, pour soulager rindigence ;
nous vîmes dans tout le royaume la noblesse
& le clergé allumer de grands feux, & por-
ter la nourriture aux pauvres qui s’y chauf-
foient : la saison sut terrible , & il n’y eût
point de misérables. Que voyons-nous cette
année, où l’hiver de 1789 a renouvelle ses
rigueurs? Le froid & la faim tuent les pau-
vres par milliers. Hélas! en ruinant, en pros-
crivant le clergé & la noblesse, nous avons
tari les sources où la pauvreté puisoit la vie.

Je viens de vous rappelier les plus récents
de leurs bienfaits: dites-moi quels sont leurs
crimes. Le clergé vouloic conserver inta&e
]a foi dont le dépôt lui étoit confié : la no-
blesfe vouloit sauver le trône à qui elle avoit
juré d’être sidèle. L’un & l’autre se prêtoient
sans résistance, à tous les sacrifices que la
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