Adresses Aux François — [S.l.], 1795 [VD18 12022373]

Seite: 95
DOI Seite: 10.11588/diglit.27752#0105
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I 95 )

faut une sur - tout aux nations. Cest une
vérité de tous les tems , de tous les lieux.
Les peuples les plus barbares comme les plus
polis , l’ont consacrée; tous les sondateurs des
empires en ont fait la base du gouverne-
ment; quand ils ne connoilsoient pas le vrai
D ieu , ils en créoient d’imaginaires ; ils éta-
blissoient des cultes faux , quand ils ne con-
noissoient pas le véritable : vouloir effacer
l’idée de Dieu de l’esprit des hommes , &
faire de son nom un blasphême, c’efl: un excès
de folie qui étoit reservé à nos prétendus
législateurs.

La raison , souvent obscurcie par l’igno-
rance , plus souvent encore subjuguée par les
pallions, esl une lumière trop soible pour
nous éclairer , un frein trop fragile pour nous
contenir. Les lo.ix sont tantôt bravées par
l’audace, tantôt éludées par la fraude, quel-
quefois les ténèbres dérobent à leur vigilance
le crime ou le coupable, quelquefois la pru-
dence ies engage à dilïimuler. Elles n’agis-
sent que par la crainte ; elles laissent au cœur
tous les vices , elles n’ont aucune influence
fur ies mœurs; elles ne savent pas inspirer
aux hommes l’amour de la vertu , ni aux
citoyens l’amour de la patrie..


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