Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

Seite: 16
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/afrique1890/0026
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
16

[NTRODUCTION

d'une brosse en crin. Celle-ci doit être, autant que possible, garnie
d'un manebe, comme la brosse à argenterie ou la brosse à che-
veux ; à défaut, une brosse à habit, pas trop dure, ou mieux une
brosse à cirage peuvent servir. Il faut aussi une éponge.

On doit d'abord, comme il a été dit précédemment, nettoyer soi-
gneusement la pierre ; si les lettres sont encrassées, on ne craindra
pas de frotter l'inscription comme on le fait d'une pierre à évier ;
on la lavera ensuite à grande eau pour enlever toutes les saletés
qui s'y seraient déposées avant ou pendant l'opération. On appli-
quera alors le papier sur la pierre mouillée, puis on le mouillera
lui-même extérieurement jusqu'à ce qu'il adhère parfaitement, en
ayant soin d'appuyer légèrement pour empêcher des bulles d'air
de se former entre la pierre et le papier ; on pourra au reste faire
disparaître celles qui se seront formées en crevant légèrement le
papier à cet endroit avec une épingle ou la pointe d'un canif. Ce
premier résultat obtenu, on frappera fortement avec la brosse, de
façon à ce que les lettres et tous les détails de l'inscription appa-
raissent sur le papier. Tout estampage fait sans le secours de la
brosse est, sauf de très rares exceptions, un mauvais estampage.
On ne craindra pas de revenir plusieurs fois sur la même place,
surtout aux endroits endommagés et par suite plus difficiles à lire.
Si le papier vient à se déchirer pendant le courant de l'opération,
on superposera à la première feuille une seconde feuille que l'on
traitera comme la première ; ces deux feuilles, sous l'influence de
l'humidité, se colleront l'une à l'autre et n'en formeront bientôt
qu'une seule. Si la pierre est très inégale ou les lettres très pro-
fondes, on peut ainsi placer l'une sur l'autre trois ou quatre feuilles
de papier.

Quand l'inscription est grande, on l'estampera par parties, et
l'on numérotera chacune de ces parties en commençant par le
haut. Mais, en pareil cas, il faut avoir soin que chaque estampage
partiel reproduise les premières ou les dernières lettres de l'estam-
page voisin, afin de faciliter le rapprochement de ces différents
morceaux.

En Afrique, où il y a généralement un beau soleil, on devra
laisser, si le vent le permet, l'estampage sur la pierre jusqu'à ce
qu'il soit sec. Au besoin, on abritera l'inscription du côté où vient
le vent par un manteau ou un burnous. S'il arrive que le vent dé-
tache l'estampage de la pierre, on posera celui-ci par terre, en le
maintenant tout autour par des cailloux. Dans le cas où l'on serait
très pressé de partir, ou par un temps humide, on pourrait, soit
loading ...