Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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INTRODUCTION

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On devra ensuite s'enquérir du nom du possesseur du champ ou
de. la maison où se trouve le document, demander s'il y a long-
temps que celui-ci est à la même place, et au cas où il y aurait été
transporté, depuis quand il y a été apporté et où il était aupara-
vant : bref, Caire une enquête minutieuse sur l'inscription que le
hasard vous a fait rencontrer. Ces renseignements doivent être re-
cueillis, d'ailleurs, quel que soit le monument antique que l'on a
à relever.

Eu second lieu, on aura soin de noter la forme et la nature de
la pierre, si c'est une colonne ou une stèle, un autel ou une base,
si c'est du marbre ou de la pierre et quelle sorte de pierre ; si elle
est encastrée dans un mur ou couchée à terre, etc.

On inscrira ensuite sur son carnet la hauteur, la largeur et
l'épaisseur de la pierre, la hauteur des lettres si c'est une inscrip-
tion, surtout une inscription mutilée dont on peut trouver ailleurs
d'autres morceaux, et les détails caractéristiques que l'on remar-
quera : emblèmes ou représentations qui figurent en tète ou sur
les faces du monument, cassures et fissures, trous, marte-
lages, etc.

On écrira alors à côté de ces renseignements un numéro d'ordre
qui sera reporté sur l'estampage ou sur la photographie corres-
pondante.

La copie que l'on prendra des textes épigraphiques sera, s'il
est possible, une copie dessinée; en tout cas, on aura soin de tracer
chaque lettre à sa place et de lui donner la forme qu'elle affecte sur
l'original, la forme des lettres étant un des éléments qui permettent
de dater l'inscription ou le monument où elle se lit. Une copie en
caractères minuscules est entièrement sans valeur. On indiquera
soigneusement la division du texte en lignes ; et dans chacune
d'elles on marquera les lettres qui sont illisibles, non point par un
frottis au crayon, mais par un point, de telle sorte que l'on puisse,
rentré chez soi, savoir combien la lacune contient de lettres approxi-
mativement. Il faut bien se garder aussi d'essayer de comprendre
ce qu'on copie ; on notera les lettres que l'on voit et telles qu'on
les voit, sans se soucier de les l'approcher par la pensée des
précédentes ou des suivantes : c'est la seule façon d'éviter les
interpolations involontaires. Tous ceux qui ont été en présence
d'une inscription savent que l'œil a, sous l'influence d'une idée
préconçue, des hallucinations singulières, contre lesquelles les
épigraphistes les plus expérimentés ont à se tenir en garde. Il faut
accepter son témoignage et ne jamais vouloir le lui dicter.
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