Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

Seite: 37
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/afrique1890/0047
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
PREMIÈRE PARTIE

3?

coup moins instructifs que ceux qui proviennent des alluvions,
parce que ces gisements ont été soumis à des bouleversements nom-
breux et qu'on y trouve presque toujours confondus des objets
d'époques très différentes. Il est cependant essentiel d'en tenir
compte, car l'élude des types qu'ils présentent peut donner une idée
des formes qu'affectionnait, dans telle ou telle région, l'industrie
des tailleurs de silex.

Des gisements particulièrement intéressants sont les cavernes
anciennement habitées. En Algérie, la grotte d'Ousidan, à 12 kilo-
mètres de Tlemcen, a fourni de beaux spécimens du type cbelléen.
Comme, dans les cavernes, les vestiges de l'habitation humaine se
sont souvent accumulés et superposés pendant un grand nombre de
siècles, l'exploration méthodique d'un de ces abris peut fournir un
tableau de l'industrie d'une région depuis l'époque quaternaire
jusqu'à nos jours. Mais pour qu'une exploration de ce genre soit
féconde, il ne faut pas fouiller le sol de la caverne dans la seule
idée d'y recueillir des instruments en pierre ou en os ; de pareilles
fouilles nuisent à la science bien plutôt qu'elles ne la servent.
L'explorateur ne perdra jamais de vue que le point capital à élu-
cider est \& stratigraphie du gisement, c'est-à-dire la succession des
différentes couches, correspondant aux différentes périodes d'ha-
bitation, étudiées au moyen des vestiges de l'industrie humaine et
de la faune qui permettent d'en déterminer les caractères. Les cou-
ches superficielles, généralement meubles, contiendront des objets
presque contemporains ; plus on descendra vers le sol primitif de
la caverne, souvent constitué par une sorte d'argile entremêlée de
blocaux, plus on remontera la série des âges au cours desquels
la caverne a été habitée. Il est souvent fort difficile de distinguer
les couches qui se succèdent ; mais comme les cavernes n'ont
presque jamais été habitées d'une manière continue, il se trouve
généralement, entre les strates représentant les diverses périodes
où elles ont été fréquentées par l'homme, des couches dites
stériles, sans vestiges d'industrie humaine et constituées soit par des
planchers de stalagmites, soit par des éboulis détachés du plafond
de la grotte sous l'influence des phénomènes atmosphériques.
Grâce à ces interruptions dans la succession des vestiges indus-
triels, on réussira, dans la plupart des cas, à dresser une coupe
assez précise de la caverne explorée. Tous les objets recueillis de-
vront être immédiatement étiquetés et l'on inscrira sur l'étiquette
un numéro d'ordre marquant la couche d'où ils auront été extraits.
Les os de grands mammifères devront être l'objet d'une attention

3
loading ...