Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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PREMIÈRE PARTIE

il

4° Si, dans les régions où abondent les dolmens, le type physique
des indigènes et leurs usages funéraires présentent des particu-
larités qui puissent être considérées comme des survivances.

On comprend, en effet, l'immense intérêt qui s'attache aux monu-
ments mégalithiques de l'Afrique du nord. Des monuments presque
identiques se retrouvent en Suède, en Danemark, dans l'Alle-
magne du nord, la Hollande, une grande partie de la France,
l'Espagne, le Portugal, l'île de Corse, la Palestine, le Caucase et
l'Hindoustan. Les auteurs ne nous ont rien appris ni sur l'époque
à laquelle ils appartiennent, ni sur les races d'hommes qui les ont
construits. L'Afrique est la seule région où, grâce à la haute an-
tiquité de la civilisation méditerranéenne qui y a fleuri, on puisse
espérer découvrir des relations chronologiques précises entre les
constructeurs des dolmens et les anciens colons phéniciens ou
grecs. Si le problème mégalithique doit être jamais résolu, c'est en
Algérie ou en Tunisie qu'il le sera.

Il est déjà certain que les populations berbères et garamantiques
de l'Afrique ont conservé longtemps, jusqu'à une époque voisine de
la nôtre, l'habitude de construire des sépultures analogues aux dol-
mens: on est donc porté à considérer l'ensemble do ceux-ci comme
l'œuvre de populations apparentées aux Berbères actuels. Mais les
plus anciens dolmens africains sont-ils antérieurs à l'occupation
romaine ? sont-ils contemporains de la colonisation du littoral
par les Phéniciens? les hommes qui les ont élevés connaissaient-
ils le travail des métaux ? Autant de questions dont la solution reste
en suspens.

Fouiller un dolmen est une lâche assez difficile et souvent in-
grate, car la très grande majorité des dolmens africains ont été
bouleversés par les chercheurs de trésors. Cependant la découverte
d'une seule sépulture mégalithique intacte et bien pourvue de mo-
bilier serait d'une telle importance, qu'elle compenserait largement
des centaines de tentatives faites sur des monuments antérieure-
ment violés. Il faut, quand on fouille un dolmen, noter la succes-
sion des couches, comme s'il s'agissait de celles d'une caverne ; il
faut aussi dresser un plan exact du dolmen, le photographier
sous plusieurs aspects, et consigner sur une carte les relations qui
existent entre la situation de ce tombeau et les monuments mégali-
tbiques avoisinants.

On n'oubliera pas d'observer la position des ossements ensevelis
dans le dolmen et de conserver les crânes ou os longs que l'on
pourra recueillir. Ce que nous avons dit des cavernes n'est pas
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