Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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PRÉHISTORIQUE

nous répétons qu'il faut les poursuivre avec méthode, ou bien s'en
abstenir complètement,

IV. Les métaux ont été introduits dans l'Afrique du nord à une
époque très ancienne, mais on ne sait pas si c'est aux Phéniciens
ou aux ancêtres des Berbères qu'il faut en attribuer l'importation.
On a recueilli dans les dolmens des objets en cuivre pur, en ar-
gent, en bronze, en fer; pour la plupart d'entre eux, il est im-
possible de proposer une date. On n'a encore publié ou décrit
qu'un petit nombre de spécimens de l'ancienne métallurgie afri-
caine, et l'on ne sait même pas si le nombre des instruments en
cuivre pur est assez considérable pour justifier, dans ces régions
comme ailleurs, l'hypothèse d'une époque où le cuivre indigène
aurait été employé sans alliage d'étain. Comme la colonisation
phénicienne dans l'Afrique du nord remonte à une très haute an-
tiquité, il serait fort intéressant de posséder des haches, des épées,
des poignards ou d'autres instruments en bronze qu'on pût attri-
buer avec certitude à l'époque phénicienne et comparer aux objets
analogues découverts à Chypre, en Sardaîgne ou en d'autres lieux.
A cet égard, on peut dire que presque tout reste à faire, mais
la découverte récente d'armes métalliques dans de très vieilles
sépultures à Cartilage marque un premier pas dans cette voie où
les travailleurs feront bien de s'engager. Ils ne dédaigneront pas
les objets en fer d'apparence grossière ou dans un mauvais état
de conservation lorsqu'ils pourront en déterminer la forme, et ils
rechercheront avec un soin particulier les épées et les haches de
bronze, au sujet desquelles nous sommes fort mal informés.

Ajoutons, en terminant, que l'analyse chimique des bronzes an-
tiques promet de donner des résultats intéressants, en faisantjcon-
naître les proportions dans lesquelles lecuivre etl'étain sont alliés.
Il est très probable que, dans un même centre de fabrication, la
proportion de l'alliage était à peu près constante, et l'on peut espé-
rer déterminer de la sorte la provenance des plus anciens bronzes
de l'Afrique du nord. Des analyses semblables, faites sur les bronzes
de la péninsule ibérique, de l'Europe centrale et de l'Italie, compa-
rés à ceux de l'Afrique, nous éclaireraient sur une des questions
les plus obscures de l'histoire, celle des origines de la métal-
lurgie dans le bassin de la Méditerranée et de sa diffusion par les
relations commerciales.

Salomon Rewach.
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