Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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PREMIÈRE PARTIE

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SECTION DEUXIÈME
Libyque et Punique

§ ier. — INSCRIPTIONS

Pendant do longs siècles, les populations qui habitaient l'Afrique
septentrionale, n'ont guère eu de rapports avec les peuples du
bassin de la Méditerrannée que par l'intermédiaire de Carthage ;
cette situation exceptionnelle, le rôle que la grande colonie tyrienne
a joué dans l'histoire et les péripéties dramatiques de sa lutte avec
Rome, nous ont habitués à ne voir que Carthage en Afrique et à con-
sidérer l'Afrique du nord tout entière comme une terre phéni-
cienne. Il n'en est rien. Les Phéniciens n'ont jamais été que des
colons en Afrique; leur domination a même pénétré beaucoup
moins avant que celle des Romains et a jeté des racines beaucoup
moins profondes.

La population indigène du nord de l'Afrique appartenait à la
race berbère, qui a donné son nom à la Barbarie, et mieux Berbé-
rie Elle s'est maintenue, pendant toute la période punique, dans
les plaines et les massifs montagneux qui vont depuis Sîwa et Derna
jusqu'à l'extrémité occidentale de l'Afrique, sans subir grandement
l'influence phénicienne. Plus tard, quand la puissance carthaginoise
fut battue en brèche par les armées romaines, l'élément indigène
reprit le dessus et donna naissance à deux royaumes, les royaumes
de Numidie à l'est et de Maurétanie à l'ouest, qui ont joué un grand
rôle dans l'histoire de l'Afrique et se sont même alliés, à certains
moments, à Rome contre Carthage. Il a même survécu à toutes les
révolutions dont l'Afrique du nord a été le théâtre, à l'invasion des
Vandales, à l'invasion arabe et à la domination turque, et on le
retrouve encore aujourd'hui, presque sans mélange, dans les popu-
lations chaouiya, kabyle, chelah et chez les Touareg, qui ont con-
servé, par une tradition ininterrompue, l'ancienne écriture berbère
connue aujourd'hui sous le nom de tefînagh.

A. —Libyque et Tefînagh.

Dès l'année i63i, la découverte de l'inscription de Dougga, en
Tunisie, par Thomas d'Arcos, révéla au monde savant l'existence
d'une écriture libyque. De 1820 à 1826, Scholz et Pacho trouvaient
des caractères du même alphabet gravés sur les rochers de la Cyré-

3.
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