Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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LIBYQUE ET TEFINAGH

naïque et de la Marmarique jusqu'à l'est du u5e degré de longi-
tude orientale de Paris. En 1847, Lottin (de Laval) découvrit une
inscription libyque dans la presqu'île du Sinaï.

En 1832, le docteur Oudney avait constaté, dans le Sahara, que
les Imôhagh, ou Touâreg du nord, écrivaient leur langue avec un
alphabet presque identique. Tout récemment, enfin, le rabbin
Mardokhaï AbiSourour et le curé Don Aquilino Padron envoyaient
à la Société de géographie de Paris des estampages et des copies de
monuments prouvant que l'écriture libyque avait servi aussi aux
anciens habitants du Tâzerwâlt (Soûs marocain) et des îles Ca-
naries.

Aujourd'hui, un fait est acquis : c'est que l'alphabet libyque et
son dérivé moderne, le tefinagh, ou alphabet des Imôhagh et des
Imôcharh (Touâreg du nord et du sud), ont eu une aire d'extension
géographique de i8°3o', soit environ 2,000 kilomètres, du nord au
sud (des nécropoles de Chefiya, dans le déparlement de Constan-
tantine, àTafidct, enAïr) et5i°35', soit environ5,000 kilomètres, de
l'est à l'ouest (de la presqu'île du Sinaï à l'Ile de Fer). On s'en
rendra compte aisément en se reportant à la carte insérée à la
page 46.

A l'aide des noms propres contenus dans quelques rares inscrip-
tions bilingues, où un texte phénicien, grec ou latin accompagne
un texte libyque, on est arrivé à trouver la valeur de presque tous
les caractères libyques, dont la forme varie parfois d'une manière
appréciable suivant les lieux et le temps. Quant aux tefinagh, ou
caractères de l'alphabet des Imôhagh et des Imôcharh, sauf pour
quelques lettres ou ligatures spéciales aux inscriptions les plus
anciennes, les individus de celte race et particulièrement les fem-
mes ont conservé la connaissance de leur valeur phonétique et de
leur emploi. Au fond, les Berbères modernes, restés purs, se ser-
vent d'un alphabet qui n'est que l'alphabet libyque modifié, où cer-
tains caractères auraient fini par rendre un son différent de celui
qu'ils représentaient primitivement, où d'autres ont subi des modi-
fications cl où certains caractères ont été créés, dans le cours des
siècles, pour répondre aux besoins des transformations du langage
sous l'influence de la civilisation musulmane qui imposa des noms
propres et des termes arabes.

Le tableau qui suit donne tous les caractères libyques et tous les
tefinagh connus, avec leur valeur suivant les divers écrivains qui
se sont occupés de la matière.
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