Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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LYBIQUE ET TEFINAGH

trois caractères qui finissent l'inscription se lisent do haut en bas,

où(i)?i(e)& mghri n tght
Mkhdmd Ihyd
mdlnât (ou mdnldt)

gh

eh

t

Le premier mot oûinek se traduit : « C'est moi »... La deuxième
ligne reproduit le nom arabe musulman « Mohammed Yahîya ».

Parmi les inscriptions Iibyques connues, on remarque quelques
spécimens de gravure soignée. On signalera sous ce rapport l'ins-
cription libyco-punique de Dougga et l'inscription libyco-grecque
de Derna, qui est gravée sur une agate. Ce bijou appartenait à
M. Aratlier de Bourville, consul général de France en retraite.
Ces épigraphes-là sont bien l'œuvre d'artistes experts dans leur
art. Évidemment, les artistes libyens de l'antiquité possédaient les
mêmes outils que leurs voisins, les artistes grecs et romains.

Dans le nombre des inscriptions en tefinagh, il en est dont le
tracé est irréprochable comme régularité. Celles qu'on voit gravées
sur les anneaux de bras en serpentine, une ou deux sur les ro-
chers de l'Ouâdi Tamioûtîn, du Tasîli des Azdjer, d'autres sur le
monument romain de Garamaet à Aïsala (oulsalan), par exemple,
sont dans ce cas. Mais, en général, un examen rapide des inscrip-
tions en tefinagh montre que le graveur était mal outillé ; aujour-
d'hui même, le ciseau et le poinçon sont des instruments inconnus
aux Imôhagh. C'est peut-être avec la pointe du poigrard, dont les
Imôhagh ne se séparent ni le jour ni la nuit, que les auteurs des
inscriptions en tefinagh ont entamé la pierre, parfois fort dure,
comme quand il s'agit du grès.

Aux îles Canaries, la nature du trait des inscriptions tracées
sur la roche volcanique trahit l'emploi d'un percuteur. Dans le Sa-
hara, à côté des caractères gravés, on voit aussi, mais rarement,
des inscriptions, plus modernes, écrites avec du jjpjidron ou de
l'ocre.

Jusqu'ici on n'a trouvé d'inscriptions Iibyques que sur des pierres
façonnées, sur des monuments d'architecture romaine ou sur des
slèles plus ou moins grossièrement taillées dans les cimetières.

Quant aux inscriptions en tefinagh, on les trouvera principale-
ment sur les roches à surface plane à proximité des points d'eau
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