Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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PREMIÈRE PARTIE

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Punique. — Inscriptions puniques,.

La plupart des inscriptions puniques que nous possédons pro-
viennent de Carthage, où l'on en a déjà découvert un grand nom-
bre, et où l'on en découvre chaque jour de nouvelles; mais on
peut s'attendre à en trouver sur toute la longueur de la côte de la
Tunisie et de l'Algérie. Ces inscriptions étant relativement rares et
ne se rencontrant presque jamais en place, il esl très difficile d'in-
diquer avec quelque précision où il faut les chercher; d'une façon
générale c'est en Tunisie, dans un certain rayon autour de Car-
tilage, aux environs des lieux illustrés par les guerres puniques,
dans les villes qui existaient avant la conquête romaine, surtout
dans celles de la côte, qu'on a le plus de chances d'en rencontrer.

Jusqu'à présent la côte a été très peu explorée sous ce rapport, ;ï
cause de son étendue, et il reste encore beaucoup à faire et beau-
coup à trouver, On donnera une attention particulière aux îles,
aux caps, aux endroits qui après avoir été occupés par des cités
dans l'antiquité ont été abandonnés depuis. Les ports peuvent ré-
server bien des surprises ; l'eau esl le meilleur gardien des débris
que le temps lui confie. On a péché, il y a quelques années, dans
le port, de Cherchel, une rondelle en cuivre très sonore, avec une, <
inscription punique. Il importe d'avoir une curiosité toujours en
éveil et l'oreille toujours ouverte aux renseignements. Toute ins-
cription punique trouvée en dehors de Carthage est intéressante,
quel qu'en soit le contenu, parce qu'elle est le témoin authentique
d'un établissement punique.

Les inscriptions puniques sont facilement reconnaissables. L'al-
phabet punique ne diffère pas sensiblement de celui qui était em-
ployé sur la côte dePhénicie; il ne s'en distingue quepar des formes
plus élégantes et plus allongées ; les tètes des lettres sont en général
petites; au contraire les queues prennent un grand développement
et affectent des courbes qui contrastent avec la raideur de l'alpha-
bet sidonien. Les pleins et les déliés, presque nuls sur les inscrip-
tions de Phénicie, sont en général très fortement marqués à Car-
thage.

Nous reproduisons, dans la page ci-contre (fig. 22), comme spé-
cimen de l'écriture punique, l'inscription dédicaloire d'un autel,
ou plutôt d'un abattoir sacré, empruntée au Corpus inscriptionum
semiticarum, iro partie, t. 1, n° 17:').
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