Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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PREMIÈRE PARTIR

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conduisent aux mômes conclusions pour les époques plus recu-
lées. Ces découvertes ont prouvé, contrairement à l'opinion généra-
lement reçue, que les Carthaginois avaient, à une certaine époque,
pratiqué la crémation, et elles ont montré dans quelle direction il
fallait chercher pour trouver le sens de ces petites épigraphes.
Mais tout est loin d'y être clair, et ce n'est que par la comparaison
qu'on arrivera à résoudre les obscurités qui subsistent encore.

11 faut donc avoir soin, toutes les fois qu'on explore une nécro •
pôle contenant des urnes à ossements, et même en dehors des
nécropoles, toutes les fois qu'on rencontre un vase, d'examiner
attentivement s'il ne porte pas d'inscription; ces inscriptions étant
en général assez effacées échappent souvent à un premier coup d'oeil.
On prendra garde de ne pas gratter la surface du vase pour le
nettoyer et de ne pas employer de produits chimiques. Quand on
aura trouvé une inscription, on la copiera, sans trop tarder, aussi
minutieusement que possible, car les couleurs pâlissent souvent
assez vile, une fois le vase sorti de terre. Deux copies faites par
deux personnes différentes, au besoin par la même, ne sont pas de
trop; on ne voit jamais tout du premier coup, chacun voit à sa
manière, et les deux copies se corrigent et se complètent mutuelle-
ment ; elles sont comme les deux images d'un stéréoscope.

Les mômes règles s'appliquent aux inscriptions peintes sur
brique ; on n'en connaît encore qu'une seule venant d'Afrique, qui
a été trouvée à Carthage par MM. Reinach et Babelon; mais la
série est ouverte et certainement on en trouvera d'autres.

Les vases à ossements sont en général des vases à une ou deux
anses, à fond plat, avec une grosse panse et un col assez long,
hauts de om,4o à om,5o; c'est ce que nous appelons des cruches;
on trouve pourtant aussi des inscriptions sur des vases de
moindres dimeusions et de formes différentes. Les amphores,
au contraire, n'ont presque pas de col, sont très larges par
en haut et vont en s'amincissant jusqu'à la base qui se termine
en pointe; elles sont munies de deux oreillettes. On n'a pas trouvé
jusqu'à présent en Afrique d'inscriptions sur amphores; par contre,
les amphores présentent assez souvent, à la partie supérieure,
soit sur l'anse, soit sur le vase même, un timbre imprimé sur la

terre fraîche. Ce timbre porte, tantôt le symbole divin 7\. ou le ca-

ri) Marques d'amphores, empreintes, graffiti.
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