Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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PUNIQUE ET NÉOPUNIQUE

cimens à la page 78 (fig. 33 et 34). La plupart de ces stèles portent
pour tout ornement trois cippes de grandeur inégale, qui doivent
symboliser la triade divine. L'une d'entre elles, plus compliquée,
représente une portion de façade d'un édifice. Deux colonnes sup-
portent un entablement très riche, qui est formé d u disque solaire aux
ailes éployées, surmonté d'une rangée d'urœus. Ces colonnes, dont
le fût sort d'un bouquet de feuilles d'acanthe, se
terminent par un buste de femme, coiffée à l'égyp-
tienne et supportant dans ses bras le disque et le
croissant lunaires. Sur sa tète est un globe, serré
entre deux cornes. Nous en donnons la reproduc-
tion à la figure 35.

On retrouve le même motif à Cartilage, sur une
colonne que nous a conservée un fragment de stèle
(fig. 36); seulement la colonne, renflée au milieu,
se termine par un chapiteau qui est surmonté non
plus du buste, comme à Hadrumôte, mais d'une
tète de femme, reliée au chapiteau par un croissant.
L'ornementation des stèles de Carthage est en général plus
simple. L'architecture qu'elles nous font connaître est une archi-
tecture grecque, mélangée d'éléments orientaux. L'inscription est
le plus souvent surmontée d'ornements rectilignes, simulant l'en-
tablement; parfois, ce couronne-
ment est supporté par deux co-
lonnes, ou deux demi-colonnes
qui forment les côtés de la stèle.
Quelques-uns de ces ex-voto af-
fectent même la forme d'un petit
édicule, avec un fronton et des
acrotères, pouvant nous donner
une idée du temple carthaginois
(fig. 37).

Sur une stèle d'un caractère
très différent des autres et qui
présente aussi une formule différente (fig. 38), les colonnes sont
d'un style dorique très pur. Sauf cette exception, les chapiteaux sont
toujours de style ionique, et présentent deux volutes réunies par
un canal dont la courbure est très accentuée (fig. 37 et 39) et sur-
montées d'un abaque. Parfois, le vide formé par la jonction du
chapiteau et de la colonne, du côté intérieur, est rempli par une
petite palmelte ou une fleur de lotus,
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