Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

Seite: 106
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/afrique1890/0114
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
0.5
1 cm
facsimile
106

ROMAIN ET BYZANTIN

liaient le pays. On les reconnaît à leur forme, qui est presque tou-
jours celle d'une colonne encastrée dans une base cylindrique et
par la rédaction de l'inscription qu'on y lit.
■ Le texte suivant peut servir de type :

I M P • C AL S ■ M ■ N R E
L I C C A :< C I N V I c

TO ■ PIO • F 0 AVG THB
P O T E S A 'I' S • II • C O S

II • P R O C O N S

P P

V

Imp(eratori) Caes{ari) M(arco)
Aure[lioCaro]', Invicto Pio F(elici)
Aug(usto) trib(uniciae) potestatis
iterum, co(n)s(uli) iterum, procon-
s(uli),p(atri) p(atriae). (Milia pas-
suiim) V.

« A l'empereur César, Marc-Aurèle Carus, Invaincu, Pieux, Heu-
reux, Auguste, tribun pour la a0 l'ois, consul pour la 2° fois, pro-
consul, père de la patrie. Cinq mille pas. »

N. B. Les lettres de la seconde ligne ont été martelées dans l'antiquité, comme il
arrivait souvent pour les noms des empereurs, après leur mort.

Parfois on inscrivait, à la fin du texte, le nom de la ville qui avait
fait les frais de reconstruction de la route. Les milliaires de cette
nature sont encore plus intéressants que les autres, puisqu'ils
apprennent le nom de localités antiques souvent inconnues et qu'ils
fournissent des données sur l'étendue de leur territoire.

5° Actes publics ou privés. — Tous les textes qui viennent d'être
mentionnés, inscriptions funéraires, votives, honorifiques, ou dédi-
caces de monuments, ne contiennent jamais que quelques lignes.
On a trouvé, et on trouvera encore en Afrique, on peut en être
assuré, des documents plus longs, soit des actes législatifs comme
le sénatus-consulte de Hencbir-Begar, découvert autrefois par
M. Guérin (Corp. insc. lut., VIII, 270); soit des ordonnances impé-
riales, comme le rescrit de Commode aux habitants du saltus
Burunitanus, qu'on doit au P. Delattre (Ephemeris epigraphica, V,
565 et 471) ; soit des règlements émanant de magistrats, comme
les édits d'Ulpius Mariscianus, gouverneur de Numidie sous Julien,
mis au jour dans les fouilles de Timgad (Ephem. epigr., V. 697),
soit des inscriptions intéressant les municipalités, telles que ['al-
bum du sénat de Thamugadi (Corp. inscr. latin., VIII, 24o3),
déterré par M. Masqueray, ainsi que l'ordonnance qui règle la
part d'eau à laquelle aura droit chaque colon de la cité de Lamasba,
loading ...