Toutain, Jules
Recherche des antiquités dans le nord de l'Afrique: Conseils aux archéologues et aux voyageurs — Paris, 1890

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HÉBREU ET ARABE

Arabe.

§ t. — Inscriptions.

Dans un pays où l'arabe csl, depuis des siècles, la langue domi-
nante, le voyageur est sûr de rencontrer des inscriptions assez
nombreuses dans cet idiome.

On sait que le premier alphabet lapidaire dont aient fait usage
les Arabes, ceux du Hedjâz, du moins, à dater de leur conversion à
l'islamisme, est l'alphabet koùfique; plus tard l'alphabet arabe
oriental et l'alphabet arabe occidental, dit maghrébin, ont été em-
ployés en Afrique, mais, en Tunisie comme en Algérie, c'est à
l'alphabet maghrébin presque seul qu'on a affaire dans la lecture
des inscriptions. Avec la domination turque, 1 usage des alphabets
ta'aliq, djerî et diwdnli s'introduisit, en Berbéric, dans les cercles
administratifs ; à la vérité, ces trois derniers alphabets restèrent tou-
jours spéciaux à l'expédition des actes administratifs ou des pièces
de la correspondance officielle et privée des dominateurs étrangers,
pièces et actes rédigés quelquefois en turc et même en persan.

Le tableau des pages suivantes donne les alphabets koùfique, arabe
oriental et maghrébin purs, ce dernier dans sa forme la plus accusée,
qui est en usage dans la province d'Oran et dans le Maroc. 11 esta
remarquer que l'écriture maghrébine spéciale à la Tunisie, à une
partie de l'Algérie et à la Tripolitaine, a subi légèrement l'influence
de l'écriture orientale. Avec le tableau que nous donnons, il ne ré.
sultera pourtant aucun embarras de ce chef pour le chercheur, en
Tunisie, car, s'il ne reconnaît pas un signe d'une inscription dans
les colonnes consacrées aux caractères maghrébins il en trouvera la
forme dans les colonnes de l'alphabet arabe oriental, pour peu qu'il
tienne compte de la position des points diacritiques qui accompa-
gnent les vingt-deuxième et vingt-troisième lettres, fa et qdf. Dans
joute laBerbérie on place un point sous le fa et un seul point sur le qdf -

Malgré les fructueuses missions d'un maître dans la connais-
sance des lettres arabes et de l'histoire de l'islam et de l'Afrique,
M. 0. Houdas, la mine de l'épigraphie arabe n'est probablement
pas épuisée en Tunisie. En examinant les anciens cimetières, les
mosquées, les forts, les monuments civils etmômeles constructions
hydrauliques, telles que les partages d'eau, etc., on a encore l'es-
poir de découvrir des textes lapidaires arabes, dont certains peuvent
avoir un intérêt historique.
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