Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 9
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jamais connue l'Afrique du Nord : c'est en 238, en effet, que
commencent les troubles civils et les révoltes indigènes qui affai-
bliront peu à peu l'Empire romain et achemineront l'Afrique vers
la catastrophe finale ; de 40 à 238, le pays arrive à son plein
épanouissement, la population est nombreuse, connaît le confort
et le luxe, les centres urbains se multiplient, et des monuments
s'y élèvent à l'imitation de ceux de Rome. L'esprit de la coloni-
sation romaine, sous l'Empire, est très différent de celui qui inspi-
rait sous la République la politique du Sénat : ce n'est plus le
désir égoïste de protéger Rome contre un danger possible qui
explique l'occupation de l'Afrique et détermine les limites de cette
occupation ; les Romains de l'époque impériale travaillent, cons-
ciemment ou non, à mettre en valeur le monde entier, à l'orga-
niser, à en appeler toutes les parties à la vie civilisée et au bien-
être. Bien qu'ils ne perdent jamais de vue l'intérêt de Rome, qui
domine tous les autres, ils sentent qu'il n'y a pas de contradic-
tion entre cet intérêt et celui des provinciaux ; Rome sera d'au-
tant plus forte qu'elle assurera aux peuples soumis une existence
plus aisée. Grâce à la domination romaine, pour la première fois,
il existe, entre les différentes contrées du monde alors connu,
une solidarité.

C'est donc l'Afrique de 40 à 238, celle des Césars, des Anto-
nins et des Sévères que nous avons à regarder de préférence. C'est
elle que j'aurai le plus souvent en vue. Pour la période qu'on
appelle le Bas--Empire, et qui comprend la fin du troisième siècle
et le quatrième, je me contenterai d'indiquer, au cours du dernier
chapitre, les modifications principales qui furent apportées alors
au régime appliqué jusque là.

*

❖ ❖

Nous avons à déterminer maintenant les limites géographi-
ques de l'Afrique romaine, là où elle n'a pas la mer comme limite
naturelle, c'est-à-dire à l'Est et au Sud. A l'Est, l'Afrique romaine
s'arrêtait au désert de sable qui sépare la Tripolitaine de la Cyré-
naïque et qui forme le littoral de la Grande Syrte ; la Cyré-
naïque, à l'Est de ce désert, appartenait, comme l'Egypte, à l'Orient.
Au Sud, la frontière, naturellement, n'est pas restée immuable :
elle s'est portée plus avant vers l'intérieur à mesure que la roma-
nisation du pays progressait. Il y a lieu d'indiquer ce qu'elle était
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