Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

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tière allait du Sud au Nord, jalonnée par Cafsa, Feriana, Tébessa.
A partir de Tébessa, elle suivait une direction générale Sud-Est-
Nord-Ouest, se maintenant au Nord de l'Aurès, du Djebel-Toug-
gourt, des monts du Hodna : Khenchela, Timgad, Lambèse, Zana,
Zraria, Aumale, Sour-Djouab, Berrouaghia, marquent les points
importants de cette frontière, soit qu'ils aient été occupés et for-
tifiés dès les premiers empereurs, soit qu'ils aient été organisés
seulement par les Antonins.

On atteint ainsi la vallée du Chélif, vers l'endroit où le fleuve,
après avoir traversé péniblement l'Atlas Tellien, entre en plaine
et prend la direction générale Est-Ouest. Miliana, Duperré, Orléans-
ville, dans cette vallée, sont des emplacements de colonies ou de
garnisons romaines qui défendaient la frontière. Plus à l'Ouest,
elle passait approximativement à Relizane, Perrégaux, Saint-Denis-
du-Sig, se rapprochant progressivement de la mer, coupant tout près
de l'embouchure le cours de la Moulouya ; le territoire soumis se
terminait en pointe, au-delà de ce fleuve, au comptoir phénicien
de Rusaddir, déchu à l'époque impériale, et qui est aujourd'hui
Melilla. Le pays romain ne reparaissait ensuite qu'au détroit de
Gibraltar et sur la côte atlantique du Maroc : à partir de Tanger,
et jusqu'à Sala (Salé), une série de villes s'échelonnaient sur la côte,
et deux ou trois avaient été fondées assez avant dans l'intérieur,
dans la vallée des principaux cours d'eau.

La physionomie d'ensemble de l'Afrique romaine, au début de
l'Empire, est ainsi très nette : une masse importante de terrain, cor-
respondant sensiblement à la Tunisie, prolongée à l'Est par le cordon
mince des ports tripolitains, à l'Ouest par une sorte de grand coin qui
va s'amincissant progressivement, et dont l'extrémité est à Melilla ;
puis, sans communications terrestres avec ce qui précède, un groupe
de comptoirs et de colonies sur le versant atlantique du Maroc.

Cette disposition générale est restée la même pendant toute la
période romaine. L'Afrique romaine a toujours eu la forme d'un coin
allongé de l'Est à l'Ouest, beaucoup plus large à l'Est, en Tunisie, qu'à
l'Ouest ; la frange de terre romaine qui occupait la bordure du conti-
nent africain est toujours allée en s'amincissant, des Syrtes vers
l'Atlantique. Mais les empereurs, à mesure que le pays devenait plus
peuplé, plus cultivé, sentirent le besoin d'élargir vers le Sud la zone
soumise à leur autorité, de s'imposer comme maîtres aux nomades du
Sud, ou tout au moins de les surveiller de près et de les contenir.
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