Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 13
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Il y a donc eu, au cours des deux siècles qui nous occupent,
progrès très sensible de l'autorité romaine, et ce progrès n'a pas
manqué de méthode. Mais deux choses sont à noter6: d'abord, la
persistance, à l'intérieur du pays romain, d'îlots réfractaires à la
romanisation, massifs montagneux où les Berbères restent prati-
quement indépendants, ou peu s'en faut ; ensuite, une timidité
excessive dans l'application de la méthode dont les Romains avaient
reconnu l'opportunité. Si, en Tripolitaine et surtout en Tunisie, ils
ont occupé tout ce qui valait la peine d'être mis en culture et se
sont assuré, vers le Sud, une protection suffisante, plus à l'Ouest,
en Algérie, ils n'ont pas pénétré assez profondément. Ils se sont
presque complètement abstenus de toucher aux Hauts-Plateaux du
Sud Algérois et du Sud Oranais. A plus forte raison n'ont-ils pas
songé à la conquête du Sahara, bien que quelques traces de leur com-
merce y aient été découvertes en ces dernières années. C'a été la
principale faiblesse de leur empire africain, et c'est la raison pour
laquelle il a été incapable de résister longuement à une attaque
sérieuse. Mais, avant que leur pouvoir s'effondrât, les Romains
avaient construit une Afrique très intéressante, et c'est celle que
j'essaierai de représenter.
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