Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 16
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pre du mot, la Numidie, la Maurétanie Césarienne et la Mauré-
tanie Tingitane.

L'Afrique proconsulaire comprenait la Tripolitaine, la Tunisie,
et une bande du terrain qui est aujourd'hui algérien ; elle allait sur
la côte jusqu'à quelque distance à l'Ouest de Bône. Souk-Ahras,
Guelma, et peut-être aussi, depuis la fin du premier siècle, Tébessa,
lui étaient rattachées. Elle était donc constituée par la partie de
l'Afrique du Nord où la domination romaine était le plus étendue
et le plus compacte ; c'était une région où l'influence civilisatrice
de Carthage s'était exercée depuis longtemps, où la vie agricole et
commerciale s'était développée dès avant l'arrivée des Romains ; il
n'y subsistait plus, à l'intérieur du pays romain, de noyaux barba-
res hostiles ; les Musulames, nomades de la région de Tébessa qui
donnaient encore quelques inquiétudes aux Romains sous les pre-
miers empereurs, furent définitivement pacifiés et fixés vers la fin
du premier siècle. C'est en tant que pays tout à fait pacifié que
cette province était confiée à un proconsul, nommé en principe pour
un an, et résidant à Carthage, d'où le nom qu'elle portait. Tout le
régime impérial reposait sur la fiction d'un partage de la souverai-
neté entre l'empereur et le peuple, représenté par le Sénat ; les
deux pouvoirs étaient supposés se faire équilibre ; et, conformément
à cette théorie, Auguste avait partagé l'ensemble du monde romain
en deux séries de provinces : les provinces sénatoriales, gouvernées
par des proconsuls que désignait le Sénat, et dont les revenus allaient
au trésor public ; les provinces impériales, gouvernées par des pro-
préteurs ou des procurateurs que l'empereur nommait à son gré, et
dont les recettes allaient au fiscus ou caisse de l'empereur. Cette
séparation de pouvoirs était plus apparente que réelle, car en fait,
dès les premiers empereurs, le Sénat fut à peu près entièrement
dans la main du prince ; en outre, des empiétements progressifs
réduisirent petit à petit la part d'autonomie administrative que le
Sénat gardait au début dans ses provinces ; des procurateurs, agents
directs de l'empereur, se substituaient peu à peu dans les diverses
branches de l'administration financière des provinces sénatoriales
aux questeurs, fonctionnaires publics. Néanmoins, une différence
intrinsèque subsistait entre les deux catégories de provinces : celles
que l'empereur avait confiées au Sénat étaient plus paisibles, plus
romanisées que les autres ; elles pouvaient se passer de garnison ;
car Auguste, tenant par dessus tout à réserver à l'empereur seul la
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