Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

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disposition de la force militaire, n'avait pas voulu, en règle générale,
mettre dans le lot du Sénat les provinces où la présence des troupes
était nécessaire. L'Afrique proconsulaire, province civile, était donc
la région d'Afrique dont la population était ia plus dense, la plus
prospère, et la plus pénétrée d'influences romaines.

Ensuite venait la Numidie, qui avait pour limite occidentale
l'embouchure de l'Oued-el-l<ebir, puis une série de vallées, délimi-
tation qui mettait Djemila en Numidie, Sétif en Maurétanie ; plus
au Sud, la Numidie comprenait l'Est et le Sud de la plaine du Hodna.
La Numidie était gouvernée par le légat commandant la légion qui
était l'élément principal du corps d'occupation de l'Afrique ; ce
légat, qui portait le titre de propréteur, était désigné directement
par l'empereur, qui le laissait en fonctions le plus souvent pendant
plusieurs années.

A vrai dire, cette province de Numidie n'eut d'existence offi-
cielle, comme province indépendante et sous ce nom, qu'à partir
des premières années du troisième siècle. Jusque-là, elle fit théori-
quement partie de l'Afrique proconsulaire. Mais comme il était
contraire aux règles posées par Auguste qu'une province proconsu-
laire, donc sénatoriale, contînt une légion, et comme il était anor-
mal de subordonner à un proconsul désigné par le Sénat un pro-
préteur chargé par l'empereur d'un important commandement mili-
taire, dès le règne de Caligula une séparation de fait avait distingué
l'Afrique proconsulaire proprement dite du territoire du légat, ter-
ritoire pour lequel la dénomination de Numidie entra dans l'usage
bien avant d'être officiellement reconnue. Dans ce territoire, déli-
mité comme je viens de l'indiquer, l'autorité du légat propréteur
fut, dès Caligula, entière, et le légat n'avait de comptes à rendre
qu'à l'empereur ; sa subordination au proconsul n'était plus qu'une
fiction, bien avant d'être définitivement abrogée à la fin du IIe siè-
cle ; il exerçait, en même temps que le commandement militaire, les
pouvoirs administratifs et judiciaires d'un gouverneur.

Sa résidence était au quartier général de la légion, qui, après
avoir été à Ammœdara, puis à Tébessa, fut, à partir du commence-
ment du IIe siècle, à Lambèse. De ce point, le légat propréteur admi-
nistrait et commandait les fractions de ses troupes détachées à la
garde de la frontière, soit à l'Ouest, vers Messad, soit vers le Sud-
Est, sur le limes tunisien et tripolitain. Une partie du territoire sou-
mis à son administration avait perdu depuis longtemps le caractère
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