Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 18
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de marche militaire que conservait la région avoisinant l'Aurès :
je veux parler de la partie de la Numidie la plus voisine de la mer,
dont la ville principale était l'ancienne capitale numide, de Cirta ;
mais le rattachement de cette contrée à la zone du légat, chef
militaire, se justifiait par l'origine d'une bonne partie de la popu-
lation : c'étaient les vétérans du condottiere Sittius qui avaient, à
l'époque de César, peuplé Cirta et les villes voisines. D'autre part,
une large autonomie municipale, accordée à Cirta et aux villes qu'elle
groupait autour d'elle, supprimait les inconvénients qui auraient pu
résulter pour cette région du fait que le légat propréteur
résidait au Sud, dans une position excentrique, et du fait que ses
attributions militaires se conciliaient imparfaitement avec la con-
duite d'un pays dont l'activité était surtout pacifique et com-
merçante.

De l'Oued-el-Kébir à la Moulouya s'étendait la Maurétanie
Césarienne, qui prenait son nom de son chef-lieu (Cassarea, Cher-
chell). D'étendue moindre que la Proconsulaire et la Numidie, puis-
qu'elle se réduisait en somme à une bande de terrain allongée entre
la mer et la limite Nord des Hauts-Plateaux, — d'occupation plus
récente, de ressources moins abondantes ou moins exploitées, elle
était gouvernée par un procurateur, agent impérial qui réunissait en
sa personne les attributions civiles et militaires, et n'était que de
rang équestre, à la différence des proconsuls et propréteurs qui
étaient d'ordre sénatorial. L'empereur nommait et changeait les
procurateurs avec une liberté entière ; ils étaient, le plus souvent,
maintenus en fonctions pendant plusieurs années.

La Maurétanie Tingitane, à l'Ouest de la Moulouya, avait un
procurateur, comme la Maurétanie Césarienne ; il résidait à Tingi,
Tanger.

Ainsi, l'Afrique du Nord est divisée, par les Romains, en quatre
compartiments distincts, et, pour ces quatre provinces, trois systè-
mes de gouvernement sont appliqués : le gouvernement par procon-
sul, le gouvernement par propréteur, le gouvernement par procura-
teur. On pourrait peut-être voir, dans ce compartimentage'et dans
cette variété d'organisation, la marque d'un sentiment de méfiance
à l'égard soit des administrés, soit des administrateurs : Rome aurait
pu se proposer de briser l'Afrique en tronçons, pour y rendre impossi-
ble la formation d'une unité et d'une résistance nationale ; elle aurait
pu aussi redouter de confier au même homme une force trop grande
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