Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 21
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C'est qu'en effet Rome, la Rome impériale, n'a pu occuper,
coloniser, mettre en valeur l'Afrique qu'avec le concours très actif
de la population indigène.

L'époque à laquelle Rome a la volonté de coloniser l'Afrique
se trouve être en même temps celle à laquelle l'Italie se dépeuple.
Dès le début de l'Empire, dès le règne d'Auguste, on voit avec
inquiétude, à Rome, les naissances devenir de plus en plus rares,
les campagnes se dépeupler, ainsi que les villes d'importance
moyenne : seules les très grandes villes comme Rome échappent
à ce mouvement. La dépopulation s'accentue malgré les mesures
législatives prises par les empereurs ; et l'Afrique ne peut pas
être, pour Rome, une colonie de peuplement, parce que Rome et
l'Italie n'ont pas de travailleurs à envoyer au delà des mers.

En fait, si nous cherchons à déterminer l'importance numéri-
que du contingent des immigrés romains ou italiens en Afrique,
nous avons tout lieu d'admettre qu'il a été faible ; et il ne grossit
pas beaucoup même si nous y ajoutons les immigrés non-italiens.
Ces immigrés comprennent les hauts fonctionnaires, mais le per-
sonnel subalterne des bureaux se recrute sur place ; quelques gros
propriétaires fonciers, mais le plus souvent ils résident à Rome et
sont représentés en Afrique par des intendants et des fermiers dont
beaucoup sont d'origine locale ; quelques commerçants, italiens,
orientaux ou espagnols, dans les villes de la côte et dans quelques
grosses localités de l'intérieur comme Cirta. Ce sont là des apports
qui ne changent pas le caractère berbère de la population ; et
l'énorme prépondérance numérique de l'élément berbère oblige à
lui laisser une large place dans tous les domaines.

Les administrations communales ont des attributions éten-
dues ; non seulement elles ont un budget communal qu'elles
règlent sous le contrôle du gouverneur, mais elles ont une compé-
tence judiciaire dans les limites prévues par la loi, la charte de
chaque commune. Les Africains de famille riche ou aisée sont
appelés, de père en fils, car les suffrages consolident en général
les situations acquises, à ces fonctions municipales ; ils y prennent
l'habitude de l'administration, et l'empereur, comme nous l'avons
dit, fait passer les meilleurs d'entre eux au service de l'Etat. Ils
exercent leurs fonctions soit dans d'autres provinces, soit en
Afrique même ; mais, même lorsqu'ils sont absents de leur pro-
vince natale, ils y restent attachés, y conservent des propriétés,
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