Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 23
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L'Afrique avait pour garnison une légion, la 3e Auguste, dont
l'effectif moyen était de 5.500 hommes. Elle détachait une cohorte,
soit un dixième de son effectif, à Carthage, pour servir d'escorte
et de force publique au proconsul. Tout le reste était réparti dans
les diférentes garnisons de la Numidie, le quartier général et le
noyau principal étant, depuis le début du IIe siècle, à Lambèse.
A la légion, troupe d'infanterie, s'ajoutaient, en Numidie, des corps
auxiliaires, les uns à cheval, les autres à pied, les premiers plus
nombreux que les seconds ; leur effectif total était sensiblement
équivalent à celui de la légion. Dans les deux Maurétanies, il n'y
avait pas de légion, mais seulement des troupes auxiliaires, dont
l'effectif total était d'environ 15.000 hommes. La province Pro-
consulaire, vide de soldats par définition, ne comprenait, outre la
cohorte légionnaire détachée comme escorte auprès du proconsul,
qu'une force de police, chargée de maintenir l'ordre dans la ville
de Carthage : c'était une cohorte urbaine, détachée de Rome à Car-
thage, et qui comptait un millier d'hommes. On arrive ainsi, pour
le corps d'occupation de toute l'Afrique, à un effectif d'environ
27.000 hommes.

Ces -soldats étaient, en principe, enrôlés par conscription : tout
citoyen romain était, comme à l'époque républicaine, obligé en prin-
cipe au service militaire ; toute peuplade de non-citoyens devait
fournir un certain nombre de recrues pour les corps auxiliaires. Mais,
en fait, l'obligation restait presque toujours, sous l'Empire, pure-
ment théorique, parce que les engagements volontaires suffisaient
à alimenter le recrutement. Il est exceptionnel, sous l'Empire, qu'un
soldat entre au service autrement que de son gré.

Or, non seulement l'Italie se dépeuplait, mais sa population
était de moins en moins disposée à servir dans les provinces éloi-
gnées où les légions tenaient garnison. Les empereurs, de leur côté,
ne cherchaient pas à réveiller chez les Romains et les Italiens l'es-
prit militaire ; ils se sentaient beaucoup plus maîtres de leurs sol-
dats si ces soldats venaient de régions lointaines, récemment appe-
lées à la culture romaine. On constate, sous l'Empire, que les élé-
ments italiens disparaissent progressivement de l'armée, suivant un
mouvement assez rapide ; les soldats se recrutent exclusivement
dans les provinces ; et, par une suite naturelle de ce mouvement,
on arrive à recruter, dans chaque province, les soldats chargés de la
garder. Vers le milieu du IIe siècle, sous l'empereur Hadrien, cette
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