Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 39
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Les Monuments romains de l'Afrique

C'est sur l'agriculture essentiellement que s'est fondée la
richesse de l'Afrique romaine. Progressivement, de l'époque de
César au IIIe siècle, les terres ont été mises en valeur, les indigè-
nes ont appris la vie sédentaire, l'élevage même a perdu la forme
barbare de la transhumance sur de vastes espaces pour devenir,
dans la mesure du possible, une industrie régulière, à siège fixe.
Ainsi les Berbères romanisés ont senti le besoin de se bâtir des
demeures durables, d'avoir à leur disposition tous les organes d'une
société civilisée ; les fonctionnaires et les colons immigrés d'Italie,
peu nombreux, mais influents, entraînant par leur exemple la masse
des indigènes, désiraient, de leur côté, donner à leur vie quotidienne
un décor semblable à celui qu'ils avaient quitté pour venir s'installer
en Afrique. Les bénéfices laissés dans le pays par l'exploitation du
sol mettaient à la portée des Africains le moyen de satisfaire ces
besoins. Par là s'explique l'existence, en Afrique, d'un grand nombre
de villes de type romain, et de villas rurales qui présentent aussi
tous les agréments du confort qu'on recherchait à Rome à l'époque
impériale. Les ruines des unes et des autres, en beaucoup d'endroits,
sont apparentes, avant toute exploration, à la surface du terrain :
les murs des grandes constructions souvent sont restés debout en
partie, et les assises supérieures émergent au-dessus du sol ; des
pierres de taille, dressées par intervalles, et que reliaient autrefois
les unes aux autres des remplissages de briques ou de moellons
aujourd'hui disparus, dessinent le plan des édifices ; dans le cas le
moins favorable, l'écroulement des voûtes et l'amoncellement des
débris ont formé des tumuli à la surface desquels se montrent des
vestigles architecturaux et qui se révèlent tout de suite comme arti-
ficiels. Les inscriptions, sur marbre ou sur pierre commune, se ren-
contrent fréquemment, visibles sur le terrain, ou bien remployées
dans une construction berbère ou arabe, ou bien mises au jour par
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