Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 40
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une fouille sommaire : car l'emploi des inscriptions commémora-
tives était, dans le monde romain, quotidien et universel. Aussi,
depuis très longtemps, dès avant l'occupation française, un certain
nombre de sites romains étaient-ils signalés comme tels, et un
certain nombre d'inscriptions y avaient été copiées, malgré les
difficultés d'accès et les dangers du voyage pour les Européens. Dès
les premiers temps de la conquête française, l'exploration archéo-
logique du pays a suivi pas à pas l'occupation militaire ; la colla-
boration constante des officiers n'a jamais cessé d'aider efficace-
ment, en Afrique française, le travail des historiens et des épigra-
phistes. Aujourd'hui, les villes romaines de Tunisie et d'Algérie
ont été toutes, non pas explorées méthodiquement, mais au moins
repérées et sondées ; quelques-unes ont été déblayées par des
fouilles prolongées, ou sont en train de l'être. Monuments et ins-
criptions, étudiés à loisir, dans des monographies ou des ouvrages
d'ensemble, nous permettent de nous représenter, de façon assez
précise, ce qu'était la vie dans l'Afrique romaine du IIe au Ve siècle.
Le Maroc, ouvert depuis peu à l'exploration scientifique, et d'ailleurs
beaucoup moins riche en ruines romaines que les régions moins
occidentales, apporte néanmoins à nos connaissances sa contribu-
tion : les ruines de Volubilis (Ksar-Faraoun), à quelque distance de
Meknès, sont étendues et intéressantes ; l'exploration s'en poursuit
régulièrement. En Tripolitaine, les archéologues italiens ont dès
maintenant déblayé de très beaux monuments, surtout à Leptis
Magna et à Sabratha. Je n'utiliserai aujourd'hui que des exemples
tunisiens ou algériens pour indiquer ce qu'était le cadre matériel de
la vie dans l'Afrique romaine, la physionomie générale des villes, les
principales catégories de monuments qui les décoraient, l'aspect des
habitations éparses dans la campagne, le degré d'art réalisé dans les
constructions et les objets affectés soit à l'utilité, soit à la déco-
ration.

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**

A première vue, il peut sembler étonnant qu'il y ait eu tant de
villes dans l'Afrique romaine, pays agricole : la vie agricole nous
apparaît comme impliquant essentiellement l'existence dans des
fermes isolées ou dans des villages. La ferme isolée se rencontrait en
Afrique, et nous en parlerons tout à l'heure ; le village aussi, en
tant que groupement spontané ou artificiel d'un nombre restreint
d'habitations ; mais une très forte partie de la population, même
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