Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

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sont nécessaires : c'est le bâtiment où, à l'abri du soleil et de la pluie,
on jugera les procès et on traitera les affaires. Des temples s'élèvent,
un peu dans tous les quartiers, à des divinités multiples ; les cités les
plus romaines se construisent un Capitole, comme Sufetula. Il ar-
rive que de sétablissements d'un caractère particulier s'y ajoutent :
c'est ainsi qu'à Lambèse le sanctuaire d'Esculape est accompagné de
toute une série de constructions qui correspondent sans doute à
un grand hôpital. Il faut des marchés aussi, pour la vente au détail
des produits destinés à la vie quotidienne, les marchés en gros se
traitant à la basilique : ils apparaissent comme une cour de forme
variable entourée de petites boutiques, par exemple à Timgad et
à Djemila.

Il n'est nullement indispensable qu'une ville romaine soit entou-
rée de murs : il n'y a jamais eu, à ce sujet, de règle générale. On
fortifiait, en l'entourant d'une muraille tracée avec un soin reli-
gieux, toute colonie qu'on fondait ; mais, dans les autres cas, Rome
préférait plutôt, pour la sécurité de sa domination, que les villes
restassent ouvertes ; au surplus, les colonies, quand elles prospérè-
rent, débordèrent de beaucoup, comme on le voit à Timgad, le cadre
dans lequel elles avaient été créées. Il n'y a eu de fortifications
véritables, d'abord, que dans les villes d'avant-garde, installées dans
un pays encore dangereux ; puis il s'en est élevé en beaucoup d'en-
droits à partir du IIIe ou du IVe siècle, quand a commencé le dé-
sarroi qui facilitait et encourageait les attaques des Barbares.

Mais mêrrie là où il n'y avait pas d'enceinte continue, il y avai.t
souvent un ou plusieurs arcs qui, faisant fonction de portes, don-
naient tout de suit à l'arrivant une haute idée de la prospérité de
la ville.

Cette prospérité se marquait surtout, comme il était naturel,
par l'importance donnée au superflu, aux constructions destinées au
divertissement. Il n'y a guère de ville un peu notable où l'on n'ait
signalé un théâtre, c'est-à-dire une construction semi-circulaire, la
scène occupant le diamètre et les gradins la demi-circonférence ;
plus rarement on a l'amphithéâtre, c'est-à-dire la construction ellip-
tique dont les gradins occupent tout le pourtour, l'arène étant ré-
servée aux spectacles ; plus rarement encore, le cirque, ellipse
extrêmement allongée: Le cirque est le lieu des courses de chars ;
l'amphithéâtre sert aux combats de gladiateurs, aux chasses ; au
théâtre on joue des tragédies, des comédies, et ces courtes pièces
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