Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 47
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plaisantes, appelées mimes, très en faveur depuis le dernier siècle
de la République.

Les villes très riches ont tous ces lieux de divertissement à la
fois ; c'est le cas à Cherchell par exemple ; d'autres s'entendent,
entre voisines, pour se répartir les dépenses : il semble ainsi que
Timgad n'ait pas d'amphithéâtre, et Lambèse pas de théâtre. L'am-
phithéâtre d'EI-Djem (Thysdrus) et le théâtre de Dougga sont des
spécimens très instructifs.

Nulle part ne manquent les thermes, souvent très vastes et très
somptueux. C'est que les thermes sont l'endroit où l'on va de pré-
férence passer ses loisirs ; ils tiennent lieu aux Romains de café
et de cercle. Non seulement on s'y baigne, mais on y fait des
exercices physiques, on y cause, on y joue. Le Romain ou le Ber-,
bère romanisé passe, aux thermes, une bonne partie du temps que
ne lui prennent pas les affaires, sur le forum : il n'est guère chez
lui que pour dormir. —Un édifice jusqu'à présent unique en Afrique
et qui apportait de nouvelles ressources contre l'ennui est la bi-
bliothèque publique de Timgad.

Telle est la place tenue par les édifices publics, et matériellement,
dans la surface des villes, et moralement, dans la vie des Romains
ou des peuples formés à leurs mœurs, que pour les maisons privées
il ne reste pas grand'chose. Souvent elles sont petites, pas très bien
distribuées, et devaient être peu meublées. Cela tient non seulement
à l'indifférence relative des Romains en général pour la vie d'inté-
rieur, mais aussi à la condition modeste de la majorité des Afri-
cains ; il y a, dans les villes, une majorité de petits propriétaires, de
petits commerçants, de petits industriels, qui vivotent ; et une aris-
tocratie locale, une bourgeoisie composée de quelques familles ri-
ches : petits propriétaires plus heureux que les autres, qui ont arrondi
leur patrimoine, et surtout capitalistes participant à l'exploitation
des grands domaines privés ou impériaux.

Ces privilégiés, qui dirigent, comme duumvirs, décurions ou fia-
mines, les affaires de la cité, qui souvent font construire à leurs frais
ou embellir les monuments de leur ville, ont eux aussi, une maison
dans la ville ; ce domicile leur est nécessaire pour qu'ils puissent
légalement jouer un rôle municipal. Mais cette maison de ville ne
se distingue, en général, pas essentiellement des autres maisons
privées, bien qu'elle soit un peu plus grande et un peu plus luxueuse;
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