Albertini, Eugène  
L ' Afrique romaine — Algier, 1937

Seite: 70
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plupart tirent leur origine, c'est l'abandon des mœurs romaines pour
l'ancienne sauvagerie ; et beaucoup de ces malheureux grossissent
les bandes fanatiques des Circoncellions, participent à ce que l'on
a appelé cette « jacquerie ». La société romaine a été peu solide,
parce qu'elle laissait une trop grande différence entre les" conditions
de vie du gros propriétaire ou du gros fermier et celles de l'ouvrier
agricole, dans un pays où toute l'existence économique reposait sur
l'agriculture. Elle a succombé parce qu'elle n'a pas su faire le ,
nécessaire pour donner à ceux qui la composaient l'impression d'une
solidarité.

Ainsi, insuffisance de l'espace occupé, rareté des éléments
romains ou tout au moins non-berbères dans la population, mau-
vais ajustement des conditions économiques et du régime de la
propriété, telles sont les raisons pour lesquelles l'assimilation n'a
pas été très durable ; elles se sont manifestées dès qu'il y a eu
fléchissement dans le fonctionnement de l'Empire, et les Berbères
se sont retrouvés à peu près dans l'état préromain de pensée et
de coutumes. Et il va sans dire qu'on ne saurait transporter telles
quelles et considérer comme valables pour l'Afrique moderne les
réflexions provoquées par l'Afrique romaine ; mais il y a lieu du
moins de ne pas négliger les indications qu'elles contiennent : exa-
minées avec précaution, les expériences romaines peuvent, dans une
certaine mesure, guider les nôtres.
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