Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 2.1858

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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL — 2' ANNEE. — SEPTEMBRE-OCTOBRE 1858.

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Après leur avoir montré les progrès de la science, l’impulsion que la
chimie et toutes les découvertes de nos savants ont su imprimer à l’in-
dustrie, il se plaint de ce qu’une foule d’artistes laissent dépérir l’art,
tandis qu’une foule de praticiens le rabaissent dans des pastiches.

Nous n’en terminerions pas si nous voulions accompagner M. de La-
borde jusqu’au terme de son voyage. Un ouvrage comme le sien ne sau-
rait s’analyser, il n’est pas possible d’en rendre compte. Il faut le lire, le
méditer, le consulter sans cesse. C’est une mine précieuse de documents.
C’est un excellent résumé de l’histoire de l’art à toutes les époques.
C’est en même temps une suite d’idées généreuses, larges, bien con-
çues, sur une foule d’améliorations qu’il serait désirable de voir intro-
duire dans l’enseignement, dans nos musées, dans le classement de nos
collections, pour en rendre l'usage plus profitable et l’accès plus facile
aux artistes et à tous ceux qui, à un titre quelconque, ont besoin de
les consulter.

Henri Lambert.

•Revue des Beaux-Arts.

Études sur les Beaux-Arts,

Par M. F.-B. De MERCEY (1).

L’auteur des Études sur les Beaux-Arts dit au début de son avant-
propos « qu’il n’a pas la prétention d’avoir fait ce qu’on appelle un
» livre; il a voulu seulement réunir et coordonner des morceaux écrits
» à différentes époques, et, comme ils traitent de l’art à tous les temps et
» chez tous les peuples, il a suffi de les placer à la suite, dans un ordre
» chronologique, pour former un corps d’ouvrage sinon complet, du
i moins à peu près logique. >>

S’exprimer ainsi, c’est avoir trop de défiance de son œuvre; il se
peut que ces Études sur les Beaux-Arts aient été écrites sous l’inspi-
ration du moment, et à divers intervalles, mais elles ne forment pas
moins un recueil à la fois harmonieux par la nature des matières qui
y sont traitées, et logique par l’unité de doctrine qui y règne, par le
sens général qui s’en dégage.

Une pensée domine dans tout l’ouvrage de M. de Mercey. L’huma-
nité, dit l’auteur, va changeant éternellement d’idéal; le tempérament
de chaque individu, de chaque race, de chaque époque, tend sans cesse
à modifier le Type précédemment adopté, et l’histoire de l’art four-
nit la confirmation de ce principe ; mais si l’antiquité a pu s’exprimer
elle-même et traduire son idéal dans une certaine forme de la beauté
éternelle, les générations qui l’ont suivie ont un même droit, un devoir
pareil C’est à elles de créer leur propre idéal. Il existe, dit M. de Mer-
cey, un beau moderne, et tout l’effort de nos artistes doit tendre à l’ex-
primer, à le produire.

Telle est la doctrine, l’idée principale exposée dans une introduction
dont la haute portée philosophique annonce un penseur, avant que le
reste de l’ouvrage ne révèle un érudit.

Le premier volume contient une série de chapitres où l’auteur, met-
tant à profit les dernières découvertes de la science contemporaine,
retrace l’histoire des arts depuis les temps les plus reculés jusqu’à l’é-
poque du Bas-Empire. U est à regretter que M. de Mercey ne nous ait
dit que quelques mots sur l’Inde, et qu’il ait passé d’un pas trop rapide
devant les grandes créations du génie égyptien; mais, en revanche, le
chapitre où il traite de l’art assyrien est l’un des plus importants, l’un
des plus complets de son livre. Pour achever la série des éludes con-
sacrées aux races orientales, il jette un coup d’œil rapide sur l’art ju-
daïque et l’architecture et la décoration du temple de Salomon ; puis,
passant en Grèce, il explique les commencements de l’art Pélasgique,
raconte la formation des diverses écoles, dit, d’après les textes, ce
qu’ont été les grands artistes dont il ne reste que les noms, parle de

l’art chez les Étrusques, décrit avec détail le musée étrusque, fondé par
Grégoire XVI, au Vatican, rappelle les efforts de la sculpture romaine,
et montre l’art de l’antiquité s’ensevelissant dans les catacombes, et su-
bissant une transformation complète sous l’influence du génie chrétien.

Le second volume tout entier est consacré à l’art au moyen âge et à
l’art moderne. Après avoir passé en revue les diverses écoles italiennes,
depuis les artistes naïfs de Sienne et de Pise jusqu'à Michel-Ange et à
Raphaël, l’auteur nous parle de l’art moderne en Italie, en Piémont,
en Allemagne, dans les Flandres, en Hollande, en Angleterre, en Es-
pagne et en France. En ce qui touche les origines de l’art flamand, le
lecteur pourrait désirer que les grands initiateurs du xve siècle fussent
moins sévèrement traités; mais les chapitres sur les arts en Angleterre,
sur la galerie du maréchal Soult, et sur l’école française contemporaine,
sont des monuments de critique judicieuse et élevée ; ils prouvent évi-
demment que les matières artistiques, traitées par M. de Mercey, lui
sont devenues familières par de longues et consciencieuses études. On
remarque aussi le chapitre sur les écoles de Munich et de Düsseldorf ;
on sait qu’elles enseignent que, depuis la renaissance, l’art, devenu païen,
a fait fausse route, qu’il faut remonter aux sources pures, et que l’ar-
chaïsme seul est la loi de salut. L’infirmité de cet art de rèsurrection-
nistes est clairement démontrée à l’aide du principe posé par l’auteur
au début de son livre : que chaque évolution de l’humanité doit se tra-
duire par une transformation spéciale de l’art.

Le troisième volume n’est, pour ainsi dire, qu’un recueil de pièces
justificatives à l’appui des opinions de l’auteur et présentant la statis-
tique de l’art contemporain. Il contient un chapitre fort étendu sur la
numismatique en France, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos
jours. Rien n’est surtout curieux comme 1 histoire des médailles gravées
en France depuis 1789, et l’on trouve dans ce chapitre des renseigne-r
ments qu’il serait, je crois, fort difficile de se procurer ailleurs.

Ce volume renferme aussi un long et intéressant article sur le déve-
loppement que, depuis quelques années, nos villes de province ont
donné à la statuaire monumentale.

On trouve aussi dans ce volume 1 histoire de l’Exposition universelle
des Beaux arts en 1855, et c’est par là que se termine l’ouvrage. Cet
exposé, traité au point de vue pratique et administratif, dit bien toutes
les difficultés qu’a présentées l’organisation de cette exposition. C’est
un document complet, et, à ce titre, fort précieux.

Cette analyse d’un ouvrage aussi bien coordonné dans son ensemble,
est sans doute fort incomplète ; mais elle suffit, je pense, pour en faire
comprendre toute l’importance et inspirer le désir de le lire. Les Éludes
sur les Beaux-Arts sont un des livres les plus intéressants qui aient paru
depuis quelques années, et dont la lecture satisfait à la fois et celui qui
se souvient et celui qui veut s’instruire.

Émile Gagnedx,

Revue des Beaux-Arts.

G. A. OPPERMANN, Directeur,
11, ne des Beaux-Arts, à Paris.

(1) 3 vol. in-8”. Arthus Bertrand, 1865-1857.

Paris.— Imprimé par E. Tbuwot »t C«, 26, rue ïUciim,
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