Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L’A UT INDUSTRIEL. — 3e ANNEE.

JANVIER-FÉVRIER 1859.

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Les bonnes briques, le bois, le fer proviennent des pays étrangers.

Le mètre cube de maçonnerie en pierres ordinaires, coûte environ
15 drachmes, tout compris.

Le stuc intérieur, composé de poudre de marbre et de chaux, de trois
ou quatre couches, coûte 5 dr. le mètre carré, le stuc extérieur, chaux
et sable, 2 1/2 dr.

Le mètre cube de marbre de l’Hymète coûte environ 100 dr., et le
marbre blanc du Pentélique 200 dr.

Les prix des matériaux étrangers doivent être connus des concurrents ;
il suffirait d’y ajouter les frais de transport.

La journée d’un (ailleur de marbre pour chapiteaux, colonnes, cor-
niches, etc., est de 6 à 7 dr., celle d’un maçon de h à 5 dr., et celle d’un
charpentier de 5 à 6.

On ne peut donner ces prix en francs, ainsi qu'il a été demandé, car
il faudrait les donner aussi en monnaies de tous les pays. Il suffit de
connaître le rapport de la drachme en franc, qui est de 100 à 111.

8. On a demandé que le jury, chargé de juger le mérite des projets,
soit connu d’avance. Le temps n’est point venu de faire connaître la
composition du jury qui sera appelé à juger du mérite des ouvrages
envoyés. Seulement les concurrents doivent être persuadés que le jury
sera composé de manière à ce que tous les intérêts soient représentés,
que tous les styles puissent être appréciés.

Prenant en considération les observations qui ont été faites par nom-
bre de concurrents sur les difficultés qu’ils rencontreraient à se dépla-
cer, dans le cas où la construction de l’édifice viendrait à leur échoir,
et, d’autre part, ayant en même temps exprimé leur désir que des pri-
mes d’encouragement, dont la valeur serait en rapport avec l’impor-
tance du sujet, fussent décernées aux deux ou trois projets jugés les
meilleurs, le gouvernement grec a décidé ce qui suit :

Le gouvernement grec se réservera le droit de donner l’exécution
de l’édifice tout entier, ou d’une partie, soit au concurrent qui aura été
déclaré premier, soit à un autre artiste de son choix. Le premier aurait
toujours à ses yeux un titre à sa préférence s’il témoignait le désir de
venir lui même se fixer à Athènes pour conduire les travaux.

1" prix. — Dans le premier cas, les honoraires, qui seraient de k 0/0,
deviendraient naturellement la récompense pécuniaire du premier
prix.

Dans le second cas, c’est-à-dire si un autre artiste était, chargé de
la construction de l’édifice, le premier prix obtiendrait une récompense
honorifique, et, de plus, dans 1 un ou l’autre, une bibliothèque delivres
d’art à son choix, d’une valeur de 5,000 dr. et reliés aux frais du gou-
vernement grec.

2e prix. — Une somme de 5,000 dr.

Accessit. — Une somme de 2,000 dr. .

Indépendamment des honoraires pour l’exécutant désigné, s’il était
choisi parmi ces deux derniers.

Une exposition publique des projets aura lieu à Athènes, avant et
après le jugement.

Le gouvernement ayant, par la présente circulaire, répondu à toutes
les observations qui lui ont été faites qui méritaient son attention, et
persuadé, en outre, que les artistes n’auront pas besoin, pour produire
des projets dignes d’attention, d’autres données que celles qui ont été
et qui sont mises sous leurs yeux, d’abord par le programme officiel, et
puis parles développements qui viennent d’être présentés, il s’abstien-
dra de répondre, de nouveau, aux observations qui pourraient encore
lui être adressées.

Le ministre des cultes et de Vinstruction publique,
Ch. Christopoulos.

Athènes, le 1/13 octobre 1858.

chronique:

Ei» stmtuc de i'Aboudancc dans ta cour du Louvre.

On vient d’exposer une nouvelle statue, représentant l'Abondance,
dans la niche de la cour du Louvre consacrée à l’exhibition des œuvres
qui doivent un jour servir à la décoration de cette cour.

L artiste auquel on doit cette nouvelle étude, s’est peu préoccupé des
personnifications que l’on avait imaginées avant lui et des formes sou-
vent bizarres et singulières que l’on avait attribuées à la divinité que
les mortels devaient le plus poursuivre de leurs prières et de leurs sol-
licitations. Il s’est contenté de modeler une jeune fille, aux traits calmes
et candides, la tête inclinée, les regards fixés sur la terre, cette mère
infatigable qui fournit à tous nos besoins.

i.a iiche chevelure de la jeune fille est relevée, tressée avec élé-

gance, ornée d’un bandeau et de fleurs des champs; ses formes gra-
cieuses sont en partie dissimulées sous une tunique légère qui laisse à
découvert l’un des seins et semble retenue par l’autre; puis par une
draperie que relève la main gauche et qui descend jusqu’aux pieds.

L’ensemble de cette composition est des plus simples. Il pourrait
personnifier bien d’autres divinités; mais, grâce aux accessoires, il n’y
a pas moyen de douter. La douce et gracieuse jeune fille que nous
avons sous les yeux, est bien certainement V Abondance. Sous le bras
gauche, elle soutient la corne traditionnelle d’où s’échappent des fruits
de toutes sortes; de la droite, elle a relevé les plis de son manteau, et
de là s’échappent des épis, des fleurs. C’est une Abondance modeste,
presque pastorale. Elle est agréable à la vue. C’est beaucoup.

Comme étude, il n’y a rien à lui reprocher. Bien qu’insignifiante, la
tête est correcte. Les épaules, la gorge, les bras, sont modelés avec
soin et avec goût. Les plis des draperies sont naturels et élégants. La
nouvelle figure a été bien accueillie et nous sommes d’avis qu’elle mé-
rite les éloges qui lui ont été accordés.

Exposition posthume des œuvres de Ctayrard.

Il y a eu ces jours derniers, au palais de l’Institut, une exposition
particulière qui a été visitée avec autant de curiosité que d’intérêt.
C’était celle de tous les objets d’art laissés par le vénérable sculpteur
Gnyrard, mort, l’année dernière, à plus de quatre-vingts ans. On y
avait rassemblé quelques ouvrages terminés et un grand nombre d’é-
tudes, de projets, de modèles, la plupart fort intéressants.

Le Wagon pontifical

exposé au palais de l'Industrie.

Dans tout le courant du mois de décembre, de midi à quatre heures,
les visiteurs ont afflué au palais de l’Industrie, pour voir le wagon
pontifical que la société du chemin de fer de Rome à la frontière na-
politaine (Pio-Latina), offre à Sa Sainteté le Pape Pie IX.

La construction de ce wagon présentait de grandes difficultés à vain-
cre ; elles ont été surmontées avec habileté.

Le wagon pontifical ne pouvait ressembler aux wagons même les
plus brillants, les plus confortables de nos contrées. Il a une destination
spéciale. La différence du climat, celle de la température, imposaient
aux constructeurs des aménagements d’une nature toute particulière.

L’ensemble est d’un aspect sévère. La réunion des trois comparti-
ments s’abrite sous une voûte que domine une tiare éblouissante d’or,
d’argent et de pierreries. Au-dessous, sous le fronton de la porte prin-
cipale, ouvrant au moyen de deux battants et donnant entrée dans le
premier compartiment ou antichambre, est cette inscription : lie per
mundum universum.

Le deuxième compartiment, le plus grand, est la salle du trône. Là
se trouvent le fauteuil du Saint-Père, surmonté des armes pontificales,
un divan, des tabourets, une petite table. Les deux côtés sont clos par
deux vastes glaces qui, s’élevant et s’abaissant à volonté, permettent
de recevoir l’air, et ne dissimulent pas les vues des sites que le convoi
aura à parcourir.

La dernière pièce du wagon contient un lit de repos en ébène et en
ivoire, placé sur un côté dans le sens de la longueur, et, de l’autre
côté, un prie-Dieu et une toilette avec tous ses accessoires.

Ces trois compartiments sont décorés avec magnificence. Ce ne sont
partout que peintures, armoiries, exécutées avec la plus grande délica-
tesse, ornements en or, tentures de velours. En face du trône est un
christ en bois, sculpté par Toussaint.

Toutes les pièces de ce wagon monumental sont travaillées avec un
soin, une délicatesse dont on ne peut se faire l’idée. Le fer est devenu
brillant, poli comme l’acier. Ce n’est plus le dur métal sorti, martelé
de la forge, il s’est assoupli, a cédé à tous les caprices de l’art pour ne
pas faire disparate avec les œuvres de la peinture et de la sculpture

Les panneaux peints sont dus à M. Gérôme, et la figure de la vierge
à M. Millet.

C. A. OPPERMANN, Directeur.

Il, rue des Beaux-Arts, à Paris.

Paris. — ïmpripié par E. Thdnot et Ge, rue Racine, ?<>.
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