Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L'ART INDUSTRIEL — 3- ANNEE. — MARS-AVRIL 1850.

Chevert à Verdun, les héros de la République, les Kléber, les Desaix,
les Championnet, les Abatücci, les Hoche, les Marceau et le brave
Latour-d’Auvergne, honorés par la nation à l’égal de chevaliers d’au-
trefois ou de ces lieutenants du grand roi, voient leurs statues se
dresser dans les villes où ils naquirent : Strasbourg, Clermont-Ferrand,
Valence, Bourg, Versailles, Huningue, Chartres et Carhaix. MM. Nan-
teuil et Legendre-Héral ont exécuté, le premier la statue en bronze de
Desaix, le second la statue en marbre de Joubert. M. Grass a fait pour
Strasbourg la statue colossale de Kléber, déjà inaugurée à Colmar.
La statue de Championnet, ouvrage d’un jeune statuaire du Dauphiné,
M. Sapey, a été, il y a quelques années, inaugurée à Valence. La statue
de Hoche par M. Lemaire, en bronze comme celle de Championnet, se
dresse sur une des places publiques de Versailles. A Huningue, on a
rétabli le monument que Moreau avait élevé au général Abattucci en
1803, et qui avait été détruit lors de l’invasion de 1815. Enfin la ville
de Chartres, qui avait donné naissance à Marceau, a voulu élever un
monument à sa mémoire, et elle a confié à l’énergique talent de
M. Préault l’exécution de la statue du jeune et vaillant général répu-
blicain. Cette statue a été inaugurée en 1852. On a surtout apprécié la
tournure vraiment martiale, la puissance de jet, et le caractère original
et si bien approprié au sujet, qui distinguent ce travail. Quant à la sta-
tue de Latour-d’Auvergne, le premier grenadier de France, exécutée
en bronze par M. Marochetti, elle a été inaugurée à Carhaix, sa ville
natale, le 27 juin 1841, anniversaire du jour où le héros tomba percé
au cœur par la lance d’un hulan autrichien, sur les hauteurs d’Ober-
Hausen dans la Bavière (27 juin 1800).

A la suite des généraux républicains vient le groupe plus nombreux
des lieutenants impériaux, à commencer par Murat et à finir par Cam-
bronne et par Bertrand, ces dernières figures du grand drame de l’em-
pire. La statue de Murat, exécutée en marbre par M. Malknecht, a
été inaugurée à Caliors dans le courant de l’année 1845, et fait face à
celle de Bessières, ouvrage du même artiste. Une seconde statue du
duc d’Istrie a été érigée dans le village de Preissac, d’où il partit
comme volontaire et où il va paraître avec le costume des maréchaux de
l’empire. Un de nos statuaires les plus distingués, M. Cortot, qui suc-
comba dans toute la force de son talent, avait terminé en 1840 la statue
en marbre et de double grandeur du duc de Montebello. Cette
statue, un de ses ouvrages les plus remarquables, décore l’une des
places de Lectoure, la ville natale du maréchal Lannes.

Les statues en bronze du maréchal Mortier, par M. Bra, et du ma-
réchal Brune, par M. Lanno, ces illustres capitaines, victorieux tous
deux des passions politiques, ont été votées par les villes de Cateau-
Cambrésis et de Brives-la-Gaillarde, où elles s’élèvent aujourd’hui
comme deux monuments expiatoires.

Une victime non moins illustre des discordes civiles, le maréchal
Nty, a déjà vu sa mémoire, non pas réhabilitée, mais vengée par le
monument élevé à Paris, à la place même où il avait été fusillé. Le dé-
partement de la Moselle, où le maréchal avait pris naissance, a voulu,
de son côté, son souvenir, et lui a voté une statue.

Cette nouvelle statue, œuvre d’un sculpteur Messin, M. Pètre, doit
être érigée sur l’une des places publiques de la ville de Metz; elle repré-
sente le maréchal un fusil à la main, protégeant la retraite de l’armée
dans la campagne de Russie.

Cette statue, exécutée en bronze antique, doit avoir 3”. 60 de hau-
teur. Le piédestal sera orné de bas-reliefs représentant les plus glo-
rieux faits d’armes du maréchal.

La ville de la Marche, dans les Vosges, en décidant qu’une statue
serait élevée au maréchal duc de Bellune, sur une de ses places, a
voulu rendre hommage à l’homme de guerre et non à l’homme politi-
que. Dès l’année 1830, la statue du général Valhübert, mort à Auster-
litz, avait été inaugurée à Avranches.

Le simulacre en bronze et de dimension colossale du général Tra-
vot, ouvrage important de M. Maindron, décore, depuis quinze an-
nées, la place royale de Bourbon Vendée, et on lit sur son piédestal
cette inscription remarquable : « Les habitants de la Vendée au général
Travot, pacificateur de leur pays. »

Jourdan à Limoges, Lemavrois à Bricquebec, Compans à Salins,
Lobau à Phalsbourg, et Oudinot, duc de Reggio, à Bar-le-Duc, ont
chacun une statue en bronze. La statue du maréchal Lobau, exécutée
par M. Jaley, est un des bons ouvrages de cet artiste consciencieux.

La statue du duc de Reggio est un excellent ouvrage de M. Jean
de Bay.

Grâce au ciseau de M. Auguste Dumont, la grande illustration mili-
taire du dernier règne, le maréchal Bugeaud, qui, au jour du péril,
eût sauvé la monarchie si elle n’eût si fatalement enchaîné son épée,
l’illustre maréchal a reparu, sur l’une des places de Périgueux, plus
glorieux et plus vivant que jamais. Cet honneur était bien dû à ce vi-
goureux et loyal militaire, qui, dans la dernière année de sa vie, au

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fort de la tempête politique, avait su allier au courage du guerrier les
vertus du citoyen et la plus haute modération.

Au moment de la révolution de 1848, la ville de Nantes inaugurait
le monument de Cambronne. La statue en pied du général, exécutée
par M. de Bay, surmonte ce monument. L’inscription répétant les fa-
meuses paroles du général : «la garde meurt et ne se rend pas,» qui
ne seraient que la traduction ennoblie d’un mot tout autrement énergi-
que, a donné lieu à un procès, entre les héritiers du général Michel,
qui revendiquaient ces mots comme ayant été prononcés par leur père,
mort sur le champ de bataille de Waterloo, et la ville de Nantes qui
voulait les maintenir comme appartenant au guerrier qu’elle veut ho-
norer.

Sous le dernier gouvernement, les Chambres avaient décidé que les
restes du général Bertrand reposeraient sous le dôme des Invalides,
auprès du sarcophage de l’empereur Napoléon. Avant que cette déci-
sion fût prise, la ville de Châteauroux, dont le général était originaire,
avait songé à honorer par un hommage public la mémoire du fidèle
ami et du compagnon d’exil du grand homme malheureux; elle avait
résolu de lui élever une statue en bronze, et c’est M. Marochetti qui
fut chargé de l’exécution de ce projet.

Enfin les villes de Reims, de Limoges et de Gaillac ont aussi voté
des statues aux plus braves soldats de l’Empire : Reims, au comte
d’Erlon; Limoges, au maréchal Jourdan; Montpellier, à Lepic; Gail-
lac, au brave d’Hautpoult, tué sur le champ de bataille d’Eylau.

L’Empire, comme on voit, est dignement représenté parmi ces illus-
trations évoquées par la reconnaissance nationale.

Deux statues et un monument ont consacré le souvenir de gloires
plus récentes : la statue en bronze du colonel Combes, frappé mortelle-
ment lors de l’attaque de Constantine, et celle du Duc d’Orléans. La
statue équestre du prince, si prémalurément enlevé et qui, si jeune en-
core, laissait tant d’aimables et glorieux souvenirs, avait été inaugurée
à Saint-Omer et à Alger. La statue du colonel Combes, exécutée par
M. Foyatier, a été érigée par la ville de Feurs.

Divers monuments, analogues de caractères et destinés à perpétuer
le souvenir de faits glorieux, ont été terminés dans la seconde périoüe
du dernier règne.

Tels sont les monuments de la bataille de Toulouse, à Toulouse, et
du combat de Mazagran dans la ville de Malesherbes.

Nous devons citer encore le monument que la ville de Lille a fait
exécuter, et qui a pour objet de consacrer le souvenir de la belle dé-
fense que cette ville opposa aux armées de la coalition en 1792.

Le gouvernement de Juillet avait senti que l’idée de résistance à
l’invasion étrangère était un de ces sentiments qu’une admimistration
nationale devait encourager, et il s’était empressé de s’associer à la
résolution que la ville de Lille avait prise en allouant, à titre de subven-
tion, une somme de 6,000 francs, destinée à concourir aux frais d’exé-
cution du monument projeté. Une statue en bronze de la ville de Lille
surmonte l’ensemble du monument.

Nos marins illustres ne pouvaient être oubliés dans ces hommages
publics. Nous avons vu figurer a la dernière exposition la statue en
bronze de Duquesne, par M. Dantan aîné. Cette statue a été inaugurée
par la ville de Dieppe, dans le courant de l’été dernier. Dunkerque n’a
pas voulu rester en arrière; cette ville a chargé M. David d’exécuter
la statue de Jean Bart, et le statuaire si fécond a mis la main à l’œuvre.
Condé-sur-Noireau, patrie du malheureux Dumont-d’Urville, s’était
émue à la nouvelle de la catastrophe qui termina si fatalement l’exis-
tence de l’illustre navigateur; elle avait chargé M. Malknecht de re-
produire, en marbre, les traits du marin. Condé-sur-Noireau, en ren-
dant hommage à la mémoire du navigateur contemporain, n’a fait que
suivre l’exemple donné par la ville d’Albi, qui avait chargé M. Raggi
d’exécuter la statue de La Peyrouse. Cette statue, en bronze, de
Il pieds de hauteur, figure depuis longtemps sur une des places de
la ville.

F. de Mercey,

(Études sur les Beaux-Arts.)

CHRONIQUE DES BEAUX-ARTS.

L’expasltion nnlverselle îles Beaux-Arts «le 1849.

L’exposition universelle des Beaux-Arts a, cetle année, une impor-
tance que n’ont pas eue ses devancières. L’arrêté ministériel qui auto-
rise une loterie pour les œuvres d’art exposées au prochain Salon —
mesure sage à laquelle on applaudit de tous côtés, — et la résolution
prise par le gouvernement d’acheter les productions des artistes, sans
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