Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. — 3f ANNÉE. — MARS-AVRIL 1859.

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acception aucune de nationalité, qui seraient signalées par le jury et !
également admises à prendre part dans les lots destinés à la loterie;
ces circonstances réunies impriment à cette solennité artistique un ca-
ractère nouveau et tout particulier. Aussi, parmi tous ceux qui se ser-
vent du pinceau ou du ciseau, du compas, du burin ou de crayon
lithographique, jamais l’émulation n’aura été plus grande qu’en ce
moment; chacun travaille sans relâche pour terminer à temps l’œuvre
qu’il destine au concours, et, nous en sommes convaincu d’avance,
l’exposition de 1859, par l’application de ces nouvelles mesures, aura
une inappréciable influence sur celles qui lui succéderont. L’essai aura
été fait cette année, et les perfectionnements viendront après.

Aménagements dn Palais de l’Industrie

en vue de l'exposition des Beaux-Arts.

L’architecte du palais de l’Industrie prend déjà sesmesures pour l’ex-
position des Beaux-Arts de 1859. Comme en 1857, les tableaux seront
rangés à l’étage supérieur ; mais il est question, cette année, de ne point
adopter la division en salons que l’on avait essayée précédemment. On
se contenterait de partager en deux parties les immenses galeries longi-
tudinales du palais. On pense que cette disposition sera plus favorable
aux mouvements de la foule.

Translation du buste de Napoléon Ier

au Louvre.

On vient de placer au Louvre, dans la salle des sculptures modernes,
le buste colossal en bronze de Napoléon Ier, qu’on voyait au-dessus de
l’ancienne porte du Musée, sur la place du Louvre.

Statue équestre de Jeanne d’Arc à Vaucouleurs

Le conseil municipal de la ville de Vaucouleurs vient de prendre la
décision suivante:

« Vu la délibération par laquelle ledit conseil a décidé qu’une statue
équestre serait élevée, sur une des places de la ville, à la mémoire de
Jeanne d’Arc, pour y perpétuer le souvenir de sa mission, vole à l’una-
nimité la somme de 10,000 francs, qui sera prise sur les fonds de la
caisse municipale et consacrée à l’érection du monument. »

Le conseil a décidé, en outre,que M. le préfet de la Meurthe serait prié
de vouloir bien engager les communes du département à venir en aide
à la ville de Vaucouleurs pour cet acte de tardive justice, et que la même
prière serait adressée à MM. les préfets des départements voisins, et
qu’à cet effet sa délibération serait imprimée à deux mille exemplaires.

Création «l’un nouveau tours de Dessin

à C École des Beaux-Arts de Lyon.

Les autorités de la ville de Lyon viennent de prendre, dans l’intérêt
des arts et de l'industrie, l’initiative d’un progrès qui ne peut manquer
d’avoir les plus heureux résultats. Elles viennent de fonder un nouveau
cours de dessin à l’École impériale des Beaux-Arts de cette ville.

Ce cours, qui a pour but de compléter et de perfectionner l’ensei-
gnement d’un établissement qui compte parmi les plus célèbres et les
plus importants de la France, s’applique spécialement à l’ornementa-
tion de tous les styles, de tous les temps.

La réputation que la ville de Lyon s’est acquise par la supériorité
de ses tissus est partout répandue ; mais il faut la soutenir. Une con-
currence active est faite à nos produits par plusieurs nations étran-
gères. Il est indispensable de lutter contre elles et, pour y parvenir, le
meilleur moyen est de populariser les enseignements utiles, les bons
modèles. C’est ce que l’on vient de décider avec le plus remarquable
accord.

M. Joue deuil, artiste connu et qui a passé plusieurs années de sa
vie en Russie, chargé à Saint-Pétersbourg de travaux importants pour
la décoration du palais et des théâtres, pour les fabriques de bronze et
de porcelaines, revenu en France il y a quelques années, a été chargé
du nouveau cours qui commence à dater d aujourd hui, 1 janricr
1859.

Son programme nous paraît parfaitement entendu. Il comprend la
décoration , que l’on peut appeler intérieure, 1 ameublement, les
bronzes, la bijouterie, la serrurerie, etc., etc. Ce sont des ressources
puissantes mises au service de l’art et de l’industrie, et qui vont ajouter
à toutes celles dont les ouvriers lyonnais disposaient déjà.

lies peintures murales de la Salle des £tats-Géuéraux

au nouveau Louvre.

,Les travaux (Je peinture et d’ornementation qu’en ce moment nombre
d’artistes exécutent sans interruption au nouveau Louvre, ne sont, pa-
raît-il, que provisoires. On veut juger de l’etfet qu’ils produiront avant
d’entreprendre les travaux définitifs et de plus longue haleine.

Dans la Salle des États, au pavillon Mollien, qui a reçu sa destination,
le 7 février, par l’ouverture de la session des grands corps de l’État, on
a vu, en effet, que les peintures ont été exécutées à la détrempe pour
que l'on pût avoir dès à présent une idée du vaste sujet qui a été confié
au talent de M. Charles Muller. On a remarqué en même temps le
plafond exécuté provisoirement par M. Mazerolles.

Tout ce travail, après quelques modifications sans doute, sera repris
à loisir et avec l’application nécessaire.

Voici la description de la décoration allégorique de la Salle des États,
telle qu’elle a été conçue et provisoirement exécutée par M. Charles
Muller :

Au centre de la voûte, la France, assise et apothéosée, est entourée
de génies personnifiant toutes les Gloires. Au-dessus d’elle, plane un
aigle aux ailes étendues; plus haut encore, une figure de femme ailée
est éclairée par une auréole divine qui rayonne autour d’une croix.

A l’extrémité de ce vaste plafond, un homme à cheval, entouré de
nombreuses figures, personnifie la Guerre et ses ravages. En face, au-
dessus du trône, la Paix est représentée assise à l’ombre d’un olivier
et entourée d’allégories diverses.

Sur les faces latérales du plafond, on voit, à gauche, la Religion et
les bienfaits qu’elle répand sur le monde; dans l’autre partie, consacrée
au développement incessant de l’activité sociale, l’Agriculture est figurée
par un groupe central, aux côtés duquel on a placé le Commerce, avec
ses vaisseaux qui sillonnent les mers; l’Industrie, avec ses voies ferrées
qui percent les montagnes et enjambent les vallées sur d’élégants via-
ducs.

Au-dessus des deux portes principales, l’artiste a représenté d’un
côté, vis-à-vis du trône, la statue équestre de Charlemagne, au milieu
d’un majestueux portique. Du côté opposé, et au-dessus de l’estrade,
la statue équestre de Napoléon 1er, tenant d'une main une statuette de
la Victoire, et levant l’autre main comme pour haranguer.

(Revue de Beaux-Arts.)

tes nouveaux bancs «Su boulevard Montmartre.

On place en ce moment sur le boulevard Montmartre des bancs d'un
nouveau modèle. Ils sont doubles et formés de deux fortes tables en
bois de chêne supportées par un élégant et solide pied de fer avec dos-
sier. L’édilité parisienne, qui prend à tâche d’améliorer la magnifique
promenade des boulevards, doit renouveler les anciens bancs qui
figurent sur tout son parcours et en augmenter considérablement le
nombre.

Découverte d’un nouveau tableau de Raphaël.

On parle à Florence d’un événement important dans le domaine de
l’art : il ne s’agit rien moins que de la découverte d’un Raphaël perdu,
la Madonna di Loretta, dont nous n’avons eu jusqu’ici aucune connais-
sance quelconque, si ce n’est par quelques copies du temps du maître,
dont une se trouve, dit-on, dans la galerie du Louvre. D’Agincourt a
donné un dessin de ce sujet d’après une petite copie qui était dans le
Collège à Rome. Le tableau dont uous parlons a été pendant bien des
années en la possession du cavalière Kennedy Laurie, dont le père
l’avait acheté à une vente d’œuvres d’art appartenant à une famille noble
de Lucques. Afin d’écarter tout doute quant à son authenticité, le pro-
priétaire de ce tableau l'envoya à Rome et le soumit à l’inspection des
membres de l’Académie de Saint-Luc.

Les juges de ce célèbre tribunal d’art, après un examen prolongé,
déclarèrent que non-seulement cette peinture était une œuvre origi-
nale de Raphaël, mais qu elle était de l’époque où il peignit les ma-
dones de Foligno et de Sauto-Sixto, et ils exprimèrent le vif désir
qu’elle pût n’être pas séparée des nombreuses œuvres de Raphaël qui
ornent la ville éternelle. Ce tableau est dans un état de parfaite conser-
vation et n’a subi qu’une légère restauration, qui est signalée dans le
certificat délivré par l’Académie et signé par les artistes les plus distin-
gués de Rome.

C.-A. OPPERMANN, Directeur,

11, rue des Beaux-Art9, à Paris.

Paris. — Imprimé par E. Thunot et C", me Racine, î&.
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