Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. — 3* ANNEE. — MAI-JUIN 1850.

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pierre de taille, seulement la signification des pilastres n’est plus la
même. Us n’indiquent plus la présence de matériaux d’une nature
particulière; ils se présentent comme des points d’appui plus résistants
ou comme contre-forts. II est aisé de voir qu’on peut faire varier le
caractère de murs ainsi décorés, en rapprochant plus ou moins les
chaînes verticales, et en leur donnant plus ou moins de saillie ou de lar-
geur; en agissant, en un mot, sur les dimensions qui intéressent la solidité.

A côté de la décoration rationnelle, caractéristique et éminemment
expressive, il en est une autre qui est plus particulièrement appelée k
plaire, tout en étant susceptible d’expression, et qui résulte, soit des
dessins que rien ne rattache au système de construction, soit de com-
binaisons de matières colorées, soit de l’emploi de matériaux de luxe.
Il faut se garder d’en faire abus-, mais il est certain que, maintenue en
de justes limites, elle est de nature à contribuer à la beauté des édifices.

Ainsi il est telle circonstance où il conviendra d’ajouter k la décora-
tion d’un mur, par des bas-reliefs, des bustes ou des statues, et telle
autre où l’on aura recours à la peinture; mais ce dernier mode d’orne-
mentation n’a rien de monumental, surtout dans notre climat, lorsqu’il
doit être appliqué à l’extérieur des édifices; car tout le monde sait
combien il y est éphémère. Les marbres ne présentent pas ce défaut, et
ils offrent des couleurs assez riches et assez variées pour pouvoir être
avantageusement utilisés dansv les conditions les plus diverses. Les
Romains de l’empire affectionnaient ce genre de décoration, et ils y
déployèrent un luxe dont aucun de nos édifices de France ne saurait
donner une idée. Les marbres les plus précieux, débités en dalles
minces, étaient employés par eux pour former des compartiments va-
riés sur des parements de murs. L’Italie est restée fidèle à cette tradi-
tion, et elle montre avec orgueil un assez grand nombre d’édifices ainsi
décorés, soit au dedans, soit au dehors. On peut citer, parmi les plus
remarquables, la cathédrale, le baptistère et le campanile, du Giotto, k
Florence; les intérieurs de la basilique de Saint-Pierre et de l’église
des Jésuites, à Rome; la cathédrale de Sienne, la Superga de Turin,
plusieurs églises de Sicile, etc.

Ce système produit le meilleur effet lorsqu’il est convenablement
traité, c’est-k-dire lorsque les compartiments sont bien dessinés et les
couleurs associées avec goût. Il est évident d’ailleurs qu’il est possible
et qu'il convient toujours de le mettre en harmonie avec la nature de
l’édifice. Mais il n’est aucune règle précise k donner k ce sujet; les
dispositions k adopter dépendent essentiellement du caractère et des
dimensions de la construction, et telle distribution de marbres, heu-
reuse pour un édifice, pourrait être complètement inadmissible dans un
autre.

Arts accessoires.

Dans la plupart de nos intérieurs, la décoration des murs n’est plus
aussi exclusivement du domaine de l’architecture; les autres arts du
dessin, la peinture surtout, sont appelés k y intervenir, et les formes ca-
ractéristiques de la construction doivent s’effacer, jusqu’k un certain
point, pour faire une place convenable à ces précieux auxiliaires qui
viennent apporter l’agrément et la richesse, où l’architecture, aban-
donnée k ses propres ressources, aurait pu présenter quelque chose de
trop austère. Mais ce n’est pas ici le lieu d’exposer lés conditions de ce
système mixte ; il en sera plus convenablement traité dans la partie de
cet ouvrage qui aura pour objet l’étude de la décoration intérieure en
général.

L. Reynaud.

Inspecteur général des Ponts et Chaussées.

La Photographie appliquée

aux Arts industriels.

Introduction,

La photographie est un des plus puissants auxiliaires de l’Art indus-
triel. Par aucun autre moyen, il n’est possible de reproduire avec autant
de fidélité, de rapidité et de perfection, les moindres traits, les plus
fugitifs aspects d’un objet.

I/illusion est complète lorsque le stéréoscope vient ajouter son ar-
tifice k celui de la photographie. On croit alors voir devant ses yeux
l’objet lui même, et l’on se trouve reporté par la pensée en présence
même du fait dont l’image est si exactement retracée.

Nous avons donc pensé qu’un résumé succinct des principales règles
k suivre pour produire de bonnes épreuves sur papier, sur verre ou sur
toile gommée, pourrait être intéressant pour nos lecteurs. •

Nous nous proposerons spécialement pour but d’indiquer pour
chaque mode les procédés les plus simples et les plus économiques,
afin de faciliter à tout le monde un procédé qui peut rendre les plus
grands services.

§ I.—De la photographie en général.

On sait que la Photographie est l’art de reproduire un objet quel-

conque sur papier, sur verre ou sur toute autre matière convenable-
ment préparée, au moyen de l’altération graduée par l'effet des rayons
solaires, de certaines substances chimiques dont sont imprégnées les
surfaces dont il s’agit.

La photographie sur métal a été inventée simultanément, vers 1827,
parNiEPCE, en Angleterre; et par Daguerre, en France.

C’est en 183A que M. Talbot, physicien anglais, découvrit le moyen
de fixer sur une feuille de papier préparée au chlorure d’argent,
l’image exacte d’un objet réflété au fond d’une chambré noire.

Depuis cette époque, et grâce aux perfectionnements apportés k cette
méthode par MM. Le Gray, Blanquart-Everard, Ciceri, Nadar,
Quinet, Mayer et Pierson, etc., la photographie a atteint aujour-
d’hui le dernier degré de l’art, au moins au point de vue du fini et du
velouté de l’exécution.

La couleur manque toujours encore aux objets reproduits.

L’obtiqndra-t-on jamais d’une manière complète? C’est ce que nous
chercherons k reconnaître plus loin.

Contentons-nous, pour le moment, de rappeler les nombreux avan-
tages de la photographie telle qu’elle existe, et nous verrons qu’elle
peut déjk revendiquer une assez belle place parmi les arts utiles et
que chaque jour voit se multiplier ses applications diverses.

§ 2.— Avantages et applications diverses de la photographie.

1° Le premier avantage de la photographie est la parfaite précision
des images, lorsque le foyer de l’objectif est suffisamment long, et que
l’objet est resté constamment immobile.

Cette précision permet de se servir de la photographie, non-seule-
ment comme moyen de reproduction de portraits ou d’objets d’art,
mais encore comme mode de contrôle et comme vérification irrécu-
sable des faits réels et des aspects positifs des objets.

2° Même lorsque l’objet n’est pas immobile, on a découvert des
procédés de fixation assez rapides pour qu’un habile opérateur puisse
saisir, en quelque sorte au vol, l’oiseau qui passe, la vague qui se brise,
le nuage qui fuit, l’eau qui court, le bateau k vapeur qui fend les
ondes, toutes choses dont le mouvement semblerait devoir empêcher
la reproduction.

8° Le bon marché des^épreuves photographiques, une fois qu’une
première image est obtenue, rend accessible k toutes les bourses, les
reproductions fidèles des plus beaux chefs-d’œuvre de l’art.

Tout le monde a vu les reproductions que la Société photographique
de Milan a faites des tableaux de Raphaël, de Paul Véronèse, du
Titien, etc.

Plus récemment un journal des beaux-arts a publié des planches
photographiées de tous les objets qu’il décrivait.

M. Benjamin Delessert, amateur photographe distingué, a mis sous
les yeux du public, k l’exposition de 1855, une série de gravures ori-
ginales de Marc-Antoine Raymondi, et, k côté d’elles, leurs reproduc-
tions photographiques. Il y avait identité complète, et des prix com-
posés des unes et des autres il résulte que pour 2 fr. on peut se pro-
curer le fac-similé d’une planche qui a dû coûter 1,000 à 2,000 fr.
de gravure.

A° La reproduction des chefs-d’œuvre de l’architecture de tous les
pays ne peut que contribuer puissamment aux progrès de l’art de
bâtir et au développement du goût dans les écoles, où l’on rencontre
encore si peu de bons modèles et de-véritables objets d’art.

5° La reproduction des fleurs et des animaux peut être pour le bo-
taniste et pour le naturaliste une ressource précieuse.

6“ Les vues hebdomadaires des ateliers et des chantiers, d’un pont
ou d’un édifice, peuvent être pour le constructeur absent un moyen
utile et commode de vérifier l’état d’avancement du travail et de donner
des ordres en conséquence.

7° L’histoire, la relation des faits qui se passent chaque jour, la
peinture des personnages célèbres qui occupent l’attention publique
k un moment donné tirent de la photographie, une ressource au moins
aussi féconde que du télégraphe. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter
les yeux sur les innombrables dessins reproduits d’après-des photo-
graphies qui paraissent chaque semaine dans les recueils illustrés de
Paris, de Londres ou de Berlin.

8° La publicité enfin peut encore tirer parti de la photographie en
montrant k tous les yeux, par un contrôle irrécusable, que le produit
annoncé est bien conforme à la description qui en est faite.

§ 3.—Mode de production des épreuves.

Le phénomène fondamental sur lequel repose la photographie sur
papier dont nous nous occuperons d’abord ici, est la décomposition de
l’iodure d’argent k la lumière, qui réduit l’iodure dans les clairs,
chasse l’iode et met l’argent k nu, puis le noircissement de cet argent
métallique par l’action d’un bain d’acide gallique, qui le transforme en
gallate d’argent, et enfin l'arrêt de cette action k un moment quelcon-
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