Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

Seite: 25-26
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ALBUM DE L’ART INDUSTRIEL. — 3‘ ANNÉE. — JUILLET-AOUT 1 859,

26

ü° 4. — 3uiüft=2lout 1859.

PL. 15, 16, 17, 18.

Sommaire.

TEXTE. — Projets et propositions utiles. — 108. Développement des
«ours d’architecture dans les écoles spéciales, et des cours de résistance des maté-
riaux dans les écoles des Beaux-Arts. — Notes et ltocumcnts. — Les fontaines de
la place de la Concorde, à Paris ( pl. 15). — Fontaine de la place Louvois (pl. 16 ).—
Fontaine de l’Élysée-Bourbon (pl. IG). — Fontaine des Quatre-Saisons (pl. 17).—
Mosaïques et bordures de style mauresque (pl. 18 ). — De la décoration des pans de
bois. — Décoration des combles. — Chronique «les itomiv-Vrts. — Embellisse-
ments des Champs-Elysées. — Pose des candélabres de la cour du Louvre. —Instal-
lation du musée de l’Algérie au palais de l’Industrie. — Revue des expositions
des Beaux-Art». — Exposition de 1859.

planches. — 15. Fontaines de la place de la Concorde. — 16. Fontaine de la
place Louvois. — Fontaine de l’Élysée-Bourbon. — 17. Fontaine des Quatre-Saisons.
— Fontaine de Vénus. — 18. Mosaïques et bordures de style mauresque.

PROJETS ET PROPOSITIONS UTILES.

108 (1). Développement des Cours d'architecture
dans les écoles spéciales,

et des cours de résistance des matériaux dans les écoles des Beaux-Arts.

Nous avons déjà appelé l’attention, dans une de nos précédentes
Propositions (n°18, Janvier 1858 de l’Art industriel), sur l’utilité
qu’il y aurait à donner plus d’importance, dans les écoles spéciales, à
des expositions de dessins et de reliefs représentant des objets d’art,
des façades d’édifices célèbres de la renaissance ou des temps mo-
dernes, des statues, des vases, des verrières qui peuvent contribuer à
former le goût des ingénieurs et à faciliter la création d’objets élé-
gants et bien proportionnés.

En même temps qu’on ne saurait donner trop de soins à l’enseigne-
ment des matières d’art et d’imagination dans les écoles où s’instruisent
les constructeurs et les industriels, il serait indispensable d’habituer
les architectes an calcul et à l’appréciation rigoureuse de la stabilité
et de la résistance des édifices.

Trop souvent des proportions lourdes jusqu’à l’empâtement, ou
grêles jusqu’à l’imprudence, sont adoptées sans examen par des artistes
qui ne se sont rendus compte que des effets extérieurs de la décora-
tion.

Trop aisément on sacrifie les plans et les agencements essentiels à
l’aspect des façades, et l’on dirait qu’il suffit d’avoir tracé une forme
harmonieuse et agréable sur un dessin, pour qu’elle soit, par cela
même, exécutable en pratique.

C’est pour éviter ces inconvénients qui donnent lieu à des accidents
déplorables, à des tassements, à des fissures, à des flexions, à des
écroulements, à des démolitions, à des remaniements sans fin dans
un grand nombre de constructions civiles, que nous insistons sur une
proposition déjà formulée bien souvent, mais dont les faits matériels
continuent toujours encore à accuser l’incomplète exécution.

C. A. Oppermann.

Paris. — l" Juillet 1859.

NOTES ET DOCUMENTS.

lies Fontaines <le la plaee de la Coneorde, à Paris.

Par M. HITTORFF, architecte de la ville de Paris.

PL. 15.

Ces fontaines bien connues sont un des modèles les plus heureux de

(1) Pour la série complète des Numéros, voir les Nouvelles Annales de la Construc-
tion, le Portefeuille économique des Machines et les Nouvelles Annales d’Agriculture.
0 — 12.

ce genre de monuments, et nous avons cru bien faire en les publiant,
pour continuer notre série de Masques et Fontaines, quoiqu’il y ait
déjà longtemps qu’elles soient terminées.

Nous n’ignorons pas que plusieurs avis contraires se sont fait jour
au sujet de la disposition des fontaines dont il s’agit.

On a dit aussi que le dessinateur de la fonderie qui en a exécuté les
pièces, a eu plus de part au projet que l’architecte qui en a dirigé la
mise en place, mais nous n’avons à nous occuper ici que de l’objet en
lui-même, et nous ne trouvons rien à y reprendre.

La composition en est large et riche de détails. Les jets d’eau as-
cendants s’y combinent ingénieusement avec les nappes retombantes,
dont la mince épaisseur permet d’obtenir des jeux de lumière variés.

Les fontaines se composent d’un grand bassin en pierre de taille de
14 mètres de diamètre. Dans ce bassin se trouvent symétriquement ré-
partis trois Tritons et trois Néréides plongés dans l’eau jusques à ini-
corps, et tenant dans leurs bras un dauphin lançant un jet d’eau para-
bolique, qui va retomber dans la grande vasque supérieure.

Cette première vasque, qui a 5ra.50 de diamètre, est la partie la plus
ornementée de la construction. Elle est soutenue par un pied entouré
de six divinités marines, et entre chaque divinité se trouve un dauphin
vomissant une large nappe d’eau. L’ensemble des statues et du support
central repose sur un piédestal hexagonal dont les angles se contour-
nent en volute comme une proue antique.

Au-dessus de la première vasque se trouve un second support entouré
de six petits Génies debout. Ceux-ci sont préservés du contact des eaux
par une vasque renversée, à gradins, sur laquelle se répandent en
nappe conique les eaux, qui retombent en gerbe d’un chapiteau corin-
thien placé au-dessus.

Voici le devis estimatif de cette construction :

Le poids de la fontaine sans les accessoires est de 31,708 ki-

logrammes à lf.20 le kilogramme. .. 38,049 *

La fonte des six grandes statues. 18,000

Les trois Tritons et les trois Néréides. 15,000

Les Génies.. • 4,500

Total non compris le bassin. . . . . . 75,549*

soit 150,000 fr. pour les deux fontaines semblables qui décorent la
place.

Fontaine de la place Louvois

PL. 16.

Cette planche représente l’ensemble de la fontaine exécutée il y a
quelques années pour la décoration de la place Louvois, par MM. Vis-
conti et Klagmann. Une première vasque, de grande dimension, repose
sur un socle en marbre dont les quatre faces sont décorées de génies à
cheval sur des dauphins qui lancent de l’eau. Douze mascarons, entre
lesquels sont figurés les signes du zodiaque, donnent écoulement aux
eaux de ce bassin.

Une seconde vasque, plus petite, s’élève sur un support qu’entourent
les figures allégoriques de la Seine, de la Loire, de la Garonne et de la
Saône. La composition est couronnée par un vase d’où s’échappent les
eaux qui l’animent.

Ce monument a 10 mètres de hauteur, et la première vasque en fonte
n’a pas moins de 7 mètres de diamètre.

Voici quel en est le prix de revient :

Le poids total de la fonte employé est de 28,000 kilo-

grammes à lf.20. 33,000*

Exécution des modèles. 13,000

Travaux de marbrerie. 16,000

— de maçonnerie.11,000

— d'hydraulique. 8,300

Total. 81,300*

1859. — 4
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