Oppermann, Charles A. [Hrsg.]
Album pratique de l'art industriel et des beaux-arts — 3.1859

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ALBUM DE L'ART INDUSTRIEL.

3* ANNEE.—JUILLET-AOUT 1859.

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d’institution comparativement moderne; il paraît bien établi, au con-
traire, qu’elle était entrée dans la pratique de l’antiquité, et que dans
des édifices de haute importance, les Grecs, aussi bien que les Romains,
laissaient parfois apparaître les fermes de la toiture.

On citera, parmi les charpentes ornées les plus remarquables, le
comble de la basilique de San-Miniato, près de Florence, lequel est
décoré de peintures, et celui de la cathédrale de Messine, qui a été
construit dans le xne siècle. Ce dernier, décoré avec la plus grande
richesse, présente à un très-haut degré, un caractère vraiment monu-
mental.

L’église;de'Saint-Vincent-de-Paule,à Paris, témoigne également de la
richesse et de l’élégance qu’on peut introduire dans la décoration d’un
comble. Peut-être un plafond à caissons serait-il mieux en rapport j
que des fermes apparentes, avec le luxe de construction déployé dans
les autres parties de l’édifice? Peut-être cette charpente est-elle un
peu trop légère? Mais, la donnée admise, il faut reconnaître qu’il était
difficile d’imaginer une ornementation de meilleur goût, et l’on doit sa-
voir gré au savant architecte, M. Hittorff, d’avoir introduit en France,
avec autant d’autorité et de succès, une disposition qui peut être très-
convenablement reproduite en d’autres circonstances et pour diverses
natures d’édifice.

DÉCORATION DES COMBLES DES ÉDIFICES CIVILS.

La belle charpente décorée qui couvre le cirque des Champs-Elysées j
est due au même architecte.

La salle d’attente de la gare du chemin de fer du Nord, à Paris, offre
encore un exemple d’une disposition de ce genre. Les pièces de la
charpente du comble qui la couvre sont apparentes à l’intérieur; les
pannes sont assemblées dans les arbalétriers et forment avec eux de
grands caissons dont le fond est garni de panneaux imitant la menui-
serie.

La salle est éclairée par sa partie supérieure, et un vitrage horizontal,
en verre dépoli, occupe le panneau central.

Une grande simplicité dans la disposition des fermes est une des con-
ditions les plus essentielles d’une bonne décoration; quand une ferme
doit rester apparente, il y a tout avantage, sous le rapport de l’effet à
produire, à réduire le nombre des pièces qui entrent dans sa compo-
sition, sauf à augmenter les équarrissages.

Dans quelques charpentes laissées en évidence, le plancher sur lequel
est fixé la couverture proprement dite reste également apparent. Il
en résulte que quelquefois, il se manifeste des précipitations aqueuses
sur la face intérieure de la couverture, alors même que, l’édifice étant
ouvert, il y a égalité de température entre le dehors et le dedans. Cet
effet provient du refroidissement dû au rayonnement de la surface ex-
térieure du toit, et il est d’autant plus prononcé que la matière employée
conduit mieux le calorique; il s’observe surtout sur les couvertures
exécutées en feuille métalliques.

Il est essentiel de s’en garantir dans les édifices fermés, principale-
ment lorsqu’ils doivent être chauffés. On y parvient en plaçant une
seconde enveloppe au-dessous de celle qui forme la couverture. Ainsi,
a Saint-Vincent-de-Paule, la couverture réelle est fort éloignée de celle
qui est apparente à l’intérieur, et, dans la salle d’attente de la gare du
chemin de fer du Nord, on a placé, à quelque distance au-dessous des
chevrons, un plancher formé par de petites solives que supportent les
pannes; ce plancher est recouvert, sur sa face supérieure, d’un enduit
en mortier hydraulique, et il est plafonné en plâtre en dessous.

L. Reynaud,

Inspecteur général des Ponts et Chaussées.

CHRONIQUE DES BEAUX-ARTS.

Embellissements «les Cbampg-Élysées.

On sait les importantes améliorations qui ont été apportées ces der-
niers temps à la promenade Parisienne par excellence, à la splendide
avenue qui s’étend de la place de la Concorde à l’Arc-de-Triomphe. Ce
fut vers 1760 que l’on entreprit d’y former des allées dont les arbres
furent complètement renouvelés un siècle plus tard.

Fontaines des Champs-Élysées. — En 1838, la ville de Paris fit établir
dans les Champs-Elysées cinq fontaines en fonte ouvragée. Deux de ces
fontaines, cuivrées par M. L. Oudry, à l’aide de procédés galvano-
plastiques spéciaux, constituent les premières applications qui aient été

faites de cet art à la conservation et à l’embellissement des monuments
publics.

Parterres et Jardins anglais. — Après la construction du Palais de
l’Industrie en 1855, deux jolis parterres, avec jets d’eau, ont été formés
au devant des ailes de ce vaste édifice. On a aussi tout récemment créé,
entre le Palais de l’Industrie et le Cours-la-Reine de spacieux jardins
anglais, avec pelouses, allées sinueuses, monticules, et l’on a ainsi
rendu très-agréable un carré naguère presque désert.

Constructions et avenues nouvelles. — Dans ces derniers temps les
Champs-Éiysées se sont embellis de nombreux hôtels richement orne-
mentés qui se sont élevés sur l’ancien promenoir de Chaillot. De l’autre
côté de l’avenue, là où fut le jardin Beaujon, tout un quartier percé de
rues spacieuses, achève de sortir de terre et profile sur les Champs-
Elysées les façades variées de style de ses élégantes habitations.

Plantations nouvelles. — Nous avons déjà eu occasion de parler des
ravages que le scolyte exerçait sur les arbres des Champs-Éiysées. Après
de vains efforts pour détruire ces insectes, on s’occupe aujourd’hui à
remplacer tous les arbres attaqués, par des marronniers et des ormes.
Pour ajouter un nouveau moyen d’embellissement en variant les es-
sences employées, l’administration municipale vient d’acquérir la riche
collection d’arbres résineux, formé à Beernem, par feu le baron de
Serret.

Parmi les végétaux remarquables que renferme cette collection, il
faut citer des Cunninghamia lanceolata de 3 à A mètres de haut; des
Æes Douglasii; des sapins pinsapo de 3 mètres; des cèdres Deodara
de A à 5 mètres ; un Araucaria imbricata de 2 mètres. On y trouve aussi
toute une série de magnolias de 8 â 10 mètres de haut.

Construction du Panorama national. — Sur le côté gauche de la
grande Avenue, et dans l’axe de la porte nord-ouest du Palais de l’In-
dustrie on termine le Panorama national. Le premier Panorama établi
à Paris date du commencement de ce siècle, et fut établi dans le pas-
sage de ce nom par M. Prévost.

Plus tard, le colonel Langlois établit rue des Marais-du-Temple un
panorama destiné à la reproduction des grands épisodes militaires. En
1838, M. Langlois obtint une concession d’un terrain aux Champs-
Éiysées pour y transporter son panorama. M. Hittorff fut l’architecte
de cette construction qui dut être démolie lors de l’Exposition univer-
selle.

Aujourd’hui, M. Langlois a obtenu une nouvelle concession pour un
panorama de AO mètres de diamètre faisant pendant au Cirque des
Champs-Éiysées. La construction en a été confiée à M. Daviodd, archi-
tecte, sous la direction de M. Alphand, ingénieur en chef du service des
promenades et plantations de Paris.

De même que pour le panorama précédent, voici le problème qu’il
s’agissait de résoudre : suppression de tout point d’appui intérieur et
éclairage par une zone de châssis n’offrant, entre eux et la toile, aucun
obstacle à la lumière, c’est à-dire sans entrais. Le mode de construction
employé ne consiste plus, comme dans l’édifice démoli, dans une série
de câbles destinés à supporter la couverture, la nécessité d’avoir un
édifice symétrique au Cirque comme forme ne le permettant pas. Une
calotte en charpente, composée de 32 demi-fermes en planches de sapin
de 0m.A0 de hauteur vers le pied et reliées par des moises, forme l’ossa-
ture du toit. Afin d’éviter l’écartement de ces pièces qui eût infaillible-
ment jeté bas le mur circulaire, une double cerclure en fer vissée sur
la plate-forme empêche avec les cerclures des deux premières moises
tout écartement. Deux zones de croix de Saint-André entre les fermes
et moises mettent obstacle au roulement de l’ensemble. Ce système,
qui n’a exigé qu’un faible cube de bois de sapin, était le plus simple, le
plus économique et en même temps le moins susceptible de produire
un effet disgracieux à l’extérieur. C’est grâce à sa simplicité qu’il a pu
être exécuté et posé par M. Bellu, l’habile charpentier, en moins de
deux mois.

La décoration extérieure de l’édifice consiste en un portique de
quatre colonnes servant d’entrée, dans le genre de celui qui forme l’en-
trée du Cirque. Un fronton surmontant ce portique doit recevoir les
armes de la ville de Paris, ainsi que des panoplies qui rappelleront les
batailles ou faits d’armes représentés sur les toiles des précédents pa-
noramas. Le mur au pourtour, qui n’a pas moins de IA mètres d’élé-
vation, doit être décoré de niches dans sa partie inférieure et d’une
série de tables de marbre au-dessus ; on y lira les noms de toutes les
victoires remportées par nos armées. Un vaste diorama, dont le spec-
tacle précédera celui du panorama, est disposé dans le bâtiment annexé
situé vers l’avenue Montaigne. Le surplus de ce bâtiment sera occupé
par l’administration et les ateliers qu’un pareil établissement exige.

Les sculptures intérieures se terminent, les jardins anglais se couvrent

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